À quelques heures d'un verdict judiciaire qui pourrait sceller son avenir politique, Marine Le Pen a une nouvelle fois affiché sa détermination à briguer l'Élysée en 2027. Lors d'une intervention publique, la triple candidate à la présidentielle a présenté sa future équipe de campagne comme un « ticket gagnant », associant son nom à celui de Jordan Bardella, qu'elle verrait occuper les fonctions de Premier ministre en cas de victoire.
« Nous formons un binôme complémentaire, un ticket gagnant pour la France », a-t-elle déclaré, dans des propos rapportés par plusieurs sources. La présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale n'a pas évoqué directement les procédures judiciaires en cours, mais a insisté sur la nécessité d'« une alternance forte et crédible ».
Une candidature maintenue malgré les condamnations
Marine Le Pen a été reconnue coupable en première instance dans le dossier des assistants parlementaires européens du Front national, une affaire de détournement de fonds publics. Elle a fait appel de cette décision, et la cour d'appel doit rendre son arrêt ce mardi 7 juillet. La candidate avait déjà été condamnée dans une autre procédure, ce qui porte à deux le nombre de condamnations à son encontre. Malgré ces condamnations, elle n'a jamais renoncé à ses ambitions présidentielles et s'est déclarée candidate avant même le premier tour de l'élection.
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a également multiplié les déclarations de soutien, assurant que Marine Le Pen était « la seule candidate capable de rassembler au-delà de nos rangs ». Le parti a organisé ces derniers jours une série de meetings de mobilisation, alors que les sondages placent régulièrement le couple Le Pen-Bardella en tête des intentions de vote.
Gabriel Attal dénonce une « dimension morale »
La réaction n'a pas tardé du côté de la majorité présidentielle. L'ancien Premier ministre Gabriel Attal a vivement critiqué la candidature de Marine Le Pen, pointant ce qu'il a qualifié de « dimension morale » du scrutin. « On ne peut pas se présenter à la présidence de la République lorsqu'on a été condamné à deux reprises pour des faits graves », a-t-il affirmé, estimant que la question dépasse le simple cadre électoral.
« La fonction présidentielle exige une exemplarité que Marine Le Pen est loin d'incarner », a poursuivi Gabriel Attal. Ses déclarations interviennent alors que le camp macroniste cherche à imposer un débat sur l'intégrité de la candidate d'extrême droite, tout en évitant de donner l'impression de s'acharner judiciairement. L'ancien chef du gouvernement a également appelé les électeurs à « regarder la réalité en face » et à ne pas se laisser séduire par « une promesse de ticket gagnant qui ne repose sur rien de solide ».
Un scrutin sous haute tension
L'issue du procès en appel est particulièrement attendue, car une éventuelle confirmation de la peine d'inéligibilité (avec exécution provisoire) pourrait bloquer la candidature de Marine Le Pen. Le Rassemblement national a prévu un dispositif de communication pour réagir en temps réel à la décision de la cour. En cas de confirmation, le parti pourrait être contraint de désigner un autre candidat, Jordan Bardella étant le plus souvent cité comme successeur potentiel.
Les équipes de Marine Le Pen ont d'ores et déjà préparé plusieurs scénarios, mais la candidate elle-même a martelé que rien ne l'empêcherait de se présenter, affirmant que « le peuple français est le seul juge de ma légitimité ». Le duel avec Gabriel Attal, qui n'a pas encore officialisé sa propre candidature mais multiplie les sorties médiatiques, promet d'être l'un des axes majeurs de la campagne à venir.
Le verdict de la cour d'appel est attendu dans la journée. Il pourrait rebattre les cartes d'une élection présidentielle qui s'annonce plus indécise que jamais.