La ministre de l’Agriculture a officialisé un premier bilan de la canicule dans les élevages français : 9 127 tonnes d’animaux morts ont été recensées. Elle a reconnu une « surmortalité notable » mais a estimé que la situation est restée « sous contrôle », grâce aux mesures de prévention et d’adaptation mises en place par les éleveurs.
Ce chiffre, dévoilé le 7 juillet, intervient après plusieurs semaines de températures extrêmes qui ont frappé une grande partie du territoire. Les précédents bulletins faisaient état d’une hausse de 1 000 % de la mortalité chez les poules pondeuses et de 200 % chez les porcs, suscitant des craintes de pénurie de volailles et de viande porcine.
La ministre a toutefois tenu à relativiser l’impact sur l’approvisionnement : selon elle, les pertes, bien que lourdes, n’ont pas compromis la capacité des filières à maintenir une production suffisante pour éviter une rupture d’approvisionnement. Elle a salué la réactivité des éleveurs et des services vétérinaires, qui ont déployé des dispositifs d’urgence pour atténuer les effets de la chaleur.
Les organisations professionnelles, qui avaient alerté dès la fin juin sur des pertes « historiques », accueillent ce bilan avec circonspection. Si le poids total des carcasses est inférieur à certaines estimations alarmistes, les éleveurs les plus touchés, notamment dans les régions du Sud-Ouest et de la vallée du Rhône, déplorent des pertes économiques sévères. Le manque à gagner pour une exploitation avicole type avait été évalué à 1 200 euros par élevage.
La ministre a indiqué que des aides d’urgence pourraient être activées pour les exploitations les plus sinistrées, sans préciser de calendrier ni de montant. Le gouvernement promet par ailleurs un plan d’adaptation des bâtiments d’élevage face aux épisodes caniculaires récurrents, une demande récurrente du secteur depuis plusieurs années.
En attendant, la filière avicole redoute une diminution de la production dans les semaines à venir, en raison du nombre de poulets morts et de l’affaiblissement des animaux survivants. Plusieurs éleveurs ont déjà signalé des problèmes de ponte et de croissance, ce qui pourrait se traduire par une baisse des volumes disponibles sur le marché d’ici l’automne. La ministre a jugé ces craintes prématurées, mais les professionnels appellent à une vigilance accrue.