Le gouvernement britannique a officialisé le 16 juillet le retour du sidérurgiste British Steel dans le giron de l'État, une décision motivée par la volonté de protéger les derniers hauts-fourneaux à charbon du pays et les emplois qui y sont associés. Le Premier ministre Keir Starmer a qualifié cette mesure de « jour mémorable » dans un communiqué, assurant qu'elle « garantit l'avenir de la production d'acier au Royaume-Uni, protège des emplois qualifiés et préserve une capacité nationale vitale ». La loi spécifique autorisant cette nationalisation a reçu l'assentiment royal.
Les exigences de Jingye et la réaction de Pékin
Propriétaire de British Steel depuis 2020, le groupe chinois Jingye a immédiatement fait savoir qu'il exigeait une « indemnisation intégrale, rapide, adéquate et effective » pour les investissements réalisés. Selon des sources concordantes, Jingye avait annoncé l'an dernier son intention de fermer les deux hauts-fourneaux de Scunthorpe, jugés insuffisamment rentables, menaçant directement environ 2 700 emplois. En juin, le groupe a également indiqué vouloir recouvrer jusqu'à 711 millions de livres sterling (837 millions d'euros) de dettes auprès de l'entreprise.
Le gouvernement chinois a exprimé son opposition ferme à cette nationalisation. Via son ministère des Affaires étrangères, Pékin a déclaré « s'opposer fermement » à cette décision et exhorté Londres à « respecter les règles internationales » en matière d'investissement. Un expert indépendant devra déterminer si une compensation doit être versée à Jingye et en fixer le montant.
Un coût élevé pour les contribuables
Le site de Scunthorpe, dans le centre-est de l'Angleterre, abrite les deux derniers hauts-fourneaux du Royaume-Uni ainsi que sa dernière capacité de production d'acier primaire à partir de minerai. Privatisée en 1988, l'entreprise était passée sous contrôle chinois il y a six ans. Selon le Bureau national d'audit britannique, le maintien en activité de l'aciérie coûtait au contribuable environ 1,3 million de livres sterling (1,53 million d'euros) par jour en mars dernier.
Un précédent législatif
Dès avril 2025, Londres avait fait voter en urgence une première loi permettant à l'État de donner des instructions aux dirigeants de British Steel, de commander les matières premières, de garantir les salaires et de maintenir les installations en fonctionnement. La nationalisation complète constitue l'étape suivante de cette stratégie de reprise en main. La décision intervient dans un contexte de tensions industrielles et diplomatiques avec la Chine, et contraste avec l'attitude du gouvernement français, qui a refusé de reprendre les sites d'ArcelorMittal confrontés à des difficultés similaires.