Le Sénat a rendu public un rapport qui dresse un constat alarmant sur la montée du masculinisme en France. Les sénatrices à l’origine de ces travaux qualifient ce discours de « violent, victimaire et antidémocratique ». Elles alertent sur ce qu’elles considèrent comme « l’émergence d’une menace terroriste » portée par des courants prônant la suprématie masculine.
Le document met particulièrement en cause la diffusion massive de contenus masculinistes sur les réseaux sociaux. Les parlementaires dénoncent une « banalisation » de ces idées, jugée « dangereuse pour nos enfants ». Elles estiment que cette exposition précoce à des thèses misogynes et radicales favorise un processus de radicalisation chez les jeunes garçons.
Les sénatrices soulignent le caractère structuré de cette mouvance, qui s’appuie sur des figures influentes et des communautés en ligne pour recruter. Le discours, souvent présenté comme une défense des droits des hommes face à un prétendu féminisme oppresseur, est en réalité un appel à la haine et à la violence, selon le rapport. Les auteurs pointent un vocabulaire guerrier et une diabolisation des femmes.
Ce travail parlementaire intervient dans un contexte de multiplication des actes violents attribués à des individus se réclamant de l’idéologie masculiniste. Les sénatrices appellent à une prise de conscience collective et à des mesures concrètes, notamment en matière d’éducation numérique et de régulation des plateformes. Elles insistent sur la nécessité de contrer cette propagande dès le plus jeune âge.
Le rapport sera débattu au Sénat dans les prochaines semaines. Il pourrait déboucher sur des propositions de loi visant à renforcer la lutte contre les contenus haineux en ligne et à mieux protéger les mineurs.