Le général Christopher « C. D. » Donahue, qui dirigeait l’armée de terre américaine en Europe et en Afrique, s’apprête à quitter ses fonctions d’ici la fin de l’été, selon des personnes informées du dossier. Ce départ, attendu dans les prochains jours, marque un nouvel épisode de la vaste réorganisation des hauts gradés militaires impulsée par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Donahue n’occupait ce poste que depuis dix-huit mois.
Le dernier soldat d’Afghanistan Le général Donahue est devenu une figure emblématique du retrait américain d’Afghanistan en août 2021 : il a été le dernier soldat des États-Unis à monter à bord d’un avion à l’aéroport de Kaboul, mettant fin à vingt ans de présence militaire. Cette image, largement diffusée, a fait de lui un symbole de la fin de la guerre la plus longue de l’histoire américaine. Depuis, il avait été nommé à la tête des forces terrestres américaines en Europe, un poste stratégique dans le contexte de la guerre en Ukraine.
Un parcours de combattant Issu des forces spéciales, Donahue a servi au sein de la prestigieuse Delta Force et participé à des opérations en Irak, en Syrie et en Afghanistan. Considéré comme l’un des officiers les plus prometteurs de sa génération, il était régulièrement cité comme candidat potentiel au poste de chef d’état-major de l’armée de terre, voire de président du comité des chefs d’état-major. Son expérience des conflits asymétriques et sa capacité à s’adapter aux menaces technologiques modernes, notamment en tirant les leçons de la guerre en Ukraine, lui valaient une large reconnaissance.
La purge de Hegseth Son départ s’inscrit dans une politique systématique menée par Pete Hegseth, qui a entrepris de réduire le nombre de généraux et de renouveler les états-majors. Le secrétaire à la Défense a déclaré vouloir « moins de généraux, plus de soldats ». Il cible en particulier les officiers ayant participé à la gestion du retrait d’Afghanistan sous l’administration Biden, quelle qu’ait été leur performance individuelle. Plusieurs hauts gradés ont déjà été contraints de quitter leurs fonctions ces derniers mois.
Des conséquences pour l’Europe Le départ de Donahue pourrait coïncider avec un déclassement du commandement américain en Europe et en Afrique, qui passerait d’un poste à quatre étoiles à un poste à trois étoiles, dans le cadre d’une consolidation des structures militaires. Par ailleurs, l’administration Trump et le Pentagone mènent une révision de l’empreinte militaire américaine sur le continent européen, pressant les alliés d’accroître leurs dépenses de défense. Donahue avait notamment contribué au renforcement de l’aide à l’Ukraine face à l’invasion russe, un dossier dont l’avenir est désormais incertain.
Une vague de départs Ce nouveau départ illustre la disparition progressive d’une génération de commandants aguerris, formés sur les champs de bataille des deux dernières décennies. Alors que le Pentagone se réoriente vers des conflits de haute intensité, la perte de ces officiers expérimentés suscite des interrogations au sein des forces armées américaines.