L'essor du commerce alimentaire en ligne ne garantit pas encore la rentabilité pour tous les acteurs. Picnic, supermarché digital fondé en 2015 et opérant dans trois pays européens, a dévoilé ses performances financières pour l'exercice 2025. Si le volume d'affaires a nettement progressé, les comptes restent dans le rouge.

Un chiffre d'affaires en forte hausse

L'entreprise basée aux Pays-Bas indique avoir généré 1,9 milliard d'euros de revenus l'année dernière, soit une augmentation de 23 % par rapport à 2024. Dans le même temps, le nombre de ses clients a franchi le cap des 3,6 millions d'utilisateurs. Cette croissance reflète l'adoption continue des courses en ligne, un segment porté par la livraison gratuite à domicile, spécialité de Picnic.

Des pertes qui se creusent

Malgré cette dynamique commerciale, la société n'est pas parvenue à réduire son déficit. Sa perte nette s'est au contraire aggravée pour atteindre 272 millions d'euros sur l'exercice, contre un montant inférieur l'année précédente. Les investissements nécessaires à l'expansion logistique et à l'acquisition de nouveaux clients pèsent sur les comptes, un schéma classique dans le secteur de la livraison alimentaire.

De nouvelles villes françaises dans le viseur

Picnic, déjà présent en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, ne compte pas freiner ses ambitions. L'entreprise prévoit de s'implanter dans deux grandes métropoles françaises : Lyon et Marseille. Ces ouvertures s'inscrivent dans une stratégie de conquête de parts de marché face à des concurrents comme La Ruche qui dit Oui ou les drives des enseignes traditionnelles.

Un modèle économique sous pression

Fondé il y a une décennie, Picnic s'est fait connaître par un modèle de livraison sans frais pour le consommateur, sans magasin physique et avec des tournées planifiées par algorithme. Si ce concept séduit une clientèle urbaine en quête de simplicité, il exige des investissements lourds en entrepôts, flotte de véhicules électriques et recrutement de livreurs. La rentabilité reste l'horizon lointain de nombreuses jeunes pousses du secteur, et Picnic n'échappe pas à la règle.

L'entreprise mise désormais sur un effet d'échelle : en élargissant sa zone de chalandise et en fidélisant toujours plus de clients, elle espère inverser la tendance financière dans les prochains exercices. Pour l'heure, le pari de la croissance à tout prix se traduit par des pertes abyssales, mais la confiance des investisseurs – qui ont déjà injecté plusieurs centaines de millions d'euros – ne semble pas ébranlée.