Le TGV-M, nouveau fleuron de la grande vitesse ferroviaire française, ne transportera pas ses premiers voyageurs avant le début du mois de septembre. La SNCF et le constructeur Alstom ont indiqué, vendredi 29 mai, avoir obtenu le feu vert des autorités européennes pour la commercialisation de ce matériel roulant, mais l'exploitation par SNCF Voyageurs, déjà décalée au 1er juillet, subit un nouveau contretemps.
La compagnie ferroviaire explique ce report par la nécessité de procéder à des « derniers réglages en conditions réelles sur le réseau ». Prévue initialement pour une mise en service durant les Jeux olympiques de Paris 2024, la date n'a cessé d'être repoussée. Alstom et SNCF Voyageurs indiquent qu'une « six rames » seront disponibles fin août, puis treize « d’ici à la fin de l’année ».
Un gain de capacité et une amélioration énergétique
Cette rame à deux étages pourra accueillir 740 passagers, soit un gain de 20 % par rapport aux actuels TGV. L'aménagement intérieur a été redessiné : des espaces dédiés aux échanges, un wagon bar plus coloré et des baies vitrées élargies sont au programme. Grâce à un nez profile pour diminuer la traînée aérodynamique, la consommation d'énergie devrait baisser de 20 % et les émissions de CO₂ de 32 %, selon la SNCF.
Parmi les innovations techniques, des batteries conçues par Saft permettront au train de fonctionner de manière autonome en cas de rupture de caténaire ou de coupure d'électricité. Cette capacité vise à éviter des incidents comparables à ceux survenus récemment sur la ligne Paris-Marseille, où des voyageurs sont restés bloqués dans des voitures sans climatisation.
Des commandes massives en cours
Au total, SNCF Voyageurs a passé commande de 160 exemplaires de ce TGV auprès d'Alstom. Trente d'entre eux sont destinés aux liaisons Eurostar sous la Manche. Le PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet, s'est montré confiant quant à la fiabilité future du matériel, affirmant que « quant aux retards, plus personne n'en parlera dans quelques mois ».