Les flammes qui consument depuis plusieurs jours le sud de l’Europe menaçaient directement l’un des événements sportifs les plus suivis du continent. La troisième étape du Tour de France, qui doit relier Granollers (Espagne) aux Angles (Pyrénées-Orientales) lundi, a finalement été maintenue dans un format « adapté », a annoncé ce dimanche le préfet du département, Pierre Regnault de la Mothe. La caravane publicitaire ne circulera pas sur le territoire français, et le public est invité à ne pas se rendre sur le parcours ni à l’arrivée. Seuls les coureurs et les véhicules strictement nécessaires à l’organisation seront autorisés.
« Ce sera, en France du moins, une étape du Tour de France sans spectateurs », a regretté le représentant de l’État, précisant que la voie d’accès principale depuis le littoral a également été fermée. L’incendie qui a justifié ces mesures est situé à Trévillach, dans les Pyrénées-Orientales, à une soixantaine de kilomètres du tracé prévu. Parti samedi, il a déjà parcouru environ 1 500 hectares. Quelque 700 à 750 sapeurs-pompiers, deux cents véhicules, neuf hélicoptères bombardiers d’eau et d’autres aéronefs sont mobilisés pour tenter de contenir un front de feu long de dix-huit kilomètres. Deux personnes – un pompier et un habitant – se trouvent dans un état critique à l’hôpital.
Des foyers multiples à travers l’Europe
Cette vague d’incendies ne se limite pas à la France. Six pays du sud de l’Europe sont touchés, alors que la saison touristique bat son plein. Au Portugal, en Grèce, en Espagne et dans les Balkans, les secours luttent contre plusieurs foyers. Selon les estimations, plus de 19 000 hectares sont déjà partis en fumée, soit une superficie équivalente à plus de deux fois celle de Manhattan. Les températures devraient atteindre localement 40 °C dans les jours à venir, ce qui laisse craindre une aggravation de la situation.
Les autorités européennes avaient prévenu, avant l’été, d’un risque « extrême » de feux de forêt, particulièrement en juillet et août. L’Union européenne a déployé des renforts de pompiers et d’avions bombardiers d’eau supplémentaires dans le sud du continent.
Un contexte de canicule et de changement climatique
Ces incendies surviennent après une canicule survenue en juin, qualifiée de l’une des plus sévères qu’ait connues l’Europe. Le groupe scientifique World Weather Attribution a estimé que cet épisode de chaleur extrême aurait été « quasiment impossible » sans le changement climatique. Des milliers de décès supplémentaires avaient été enregistrés à cette occasion.
Dans les zones sinistrées, des habitants ont dû quitter leur domicile précipitamment. Les secours demeurent en alerte maximale, et les prochaines heures seront déterminantes pour éviter que les flammes n’atteignent de nouvelles habitations ou infrastructures. Le Tour de France, de son côté, espère que la suite du parcours ne sera pas perturbée, mais la menace reste présente tant que les températures ne baisseront pas.