Un tribunal a ordonné la suspension partielle du dispositif d’indemnisation lié au scandale des crédits automobiles au Royaume-Uni, une affaire qui pourrait coûter plus de 9 milliards de livres aux banques et aux prêteurs. Cette décision intervient alors que le régulateur financier tente par ailleurs d’obtenir des juges qu’ils rejettent les demandes de dédommagement les plus élevées.

Le mécanisme de réparation, piloté par la Financial Conduct Authority (FCA), visait à compenser des millions d’automobilistes qui ont été surfacturés sur leurs prêts en raison de commissions occultes versées par les prêteurs aux concessionnaires automobiles. Selon les éléments mis au jour, ces pratiques ont cours depuis 2007 et se sont poursuivies jusqu’en 2024.

Le montant total des indemnisations déjà engagées par les établissements financiers dépasse les 9 milliards de livres, un chiffre qui pourrait encore gonfler en fonction de l’issue des procédures en cours. La suspension partielle ordonnée par la juridiction signifie que le versement de certaines indemnités est temporairement gelé, sans que l’on sache encore précisément quelles catégories de dossiers sont concernées.

Dans le même temps, le régulateur de la City a plaidé devant les tribunaux pour que les demandes de dédommagement les plus importantes soient écartées. Il estime que ces réclamations, qui portent sur des sommes très élevées, ne sont pas justifiées au regard du cadre réglementaire en vigueur au moment des faits. Cette position a suscité des critiques de la part d’associations de consommateurs, qui y voient une tentative de limiter la portée de la réparation.

Le scandale des crédits automobiles au Royaume-Uni a déjà conduit plusieurs grandes banques à provisionner des milliards de livres pour faire face aux futures indemnisations. Les prêteurs sont accusés d’avoir conclu des accords de commission avec les concessionnaires, ce qui a poussé les taux d’intérêt à la hausse pour les emprunteurs, sans que ceux-ci en soient informés. La FCA avait ouvert une enquête en 2023 avant de mettre en place un mécanisme accéléré de compensation.

La suspension décidée par le tribunal pourrait ralentir le traitement des dossiers déjà déposés, tandis que de nouvelles réclamations continuent d’affluer. Les observateurs estiment que l’issue de cette affaire pourrait constituer un précédent pour d’autres secteurs où des commissions non divulguées ont pu léser les consommateurs.