Onze ans après le changement de nom de la région, ses habitants savent désormais comment se faire appeler. Le président du Conseil régional du Centre-Val de Loire, François Bonneau, a officialisé ce jeudi, à l'issue de la séance plénière de la collectivité, le choix du gentilé « Centrevallois » (au féminin « Centrevalloises »). Cette décision vient clore un processus participatif lancé au printemps dernier.
Une consultation en deux temps
L'initiative remonte à mars 2026, lorsque l'exécutif régional a ouvert un appel à propositions auprès de la population. Un comité du gentilé, coprésidé par François Bonneau et l'animateur Stéphane Bern, a présélectionné dix candidatures. Durant une première phase de vote, close le 30 mai, plus de 27 000 habitants ont exprimé leur préférence. Les trois noms ayant recueilli le plus de suffrages – « Centrevallois », « Castelvallois » et « Cœurvallois » – ont été soumis à un second tour, organisé du 1er au 24 juin. C'est finalement « Centrevallois » qui l'a emporté.
Un enjeu identitaire
Au-delà de la dimension symbolique, cette désignation vise à renforcer le sentiment d'appartenance régionale. François Bonneau a précisé que l'objectif était de « renforcer le sentiment d'appartenance » des citoyens à leur territoire. Un objectif d'autant plus pressant que, selon le Baromètre des Territoires 2025 réalisé par l'institut de sondage Elabe, seuls 57 % des habitants du Centre-Val de Loire se déclaraient attachés à leur région. Ce chiffre plaçait la région en dernière position en France métropolitaine, derrière l'Île-de-France (59 %) et l'Occitanie (70 %).
Un long vide juridique
La région Centre avait été rebaptisée Centre-Val de Loire en 2015, dans le cadre de la réforme territoriale. Mais aucun gentilé officiel n'avait été adopté depuis, laissant un vide que les usages populaires n'avaient pas comblé. Les termes « Centristes », « Val de Ligériens » ou encore « Cœur de France » circulaient parfois, sans jamais s'imposer. La consultation a donc permis de trancher démocratiquement une question jusqu'alors laissée en suspens.
Une procédure transparente
La plateforme participative mise en place par la région a permis de suivre les étapes du scrutin. Le comité du gentilé a veillé à la régularité des votes et à la représentativité des propositions. La participation, bien que modeste au regard des 2,6 millions d'habitants que compte la région, a été jugée satisfaisante par les organisateurs. Le choix de « Centrevallois », jugé simple et directement inspiré du nom de la région, a suscité peu de controverses, contrairement à d'autres propositions qui pouvaient prêter à confusion.
Des précédents en France
Plusieurs autres régions françaises s'étaient déjà dotées d'un gentilé officiel après leur création ou leur renommage. L'Occitanie a ses « Occitans », la Bretagne ses « Bretons », la Normandie ses « Normands ». Pour le Centre-Val de Loire, l'absence de nom était devenue une singularité que la présente consultation entendait corriger. Les élus espèrent que cette nouvelle appellation contribuera à fédérer les populations des six départements que sont le Cher, l'Eure-et-Loir, l'Indre, l'Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher et le Loiret.
Réactions et perspectives
Le choix final a été accueilli favorablement par la majorité des participants, même si certains regrettent les propositions plus poétiques comme « Cœurvallois » ou « Castelvallois ». François Bonneau a salué la mobilisation citoyenne et promis que la région continuerait à promouvoir son identité à travers d'autres initiatives. Les Centrevallois et Centrevalloises peuvent désormais arborer leur nouveau nom dans les actes administratifs, les formulaires ou simplement dans la conversation courante.
Un symbole pour l'avenir
Au-delà de la simple étiquette, ce gentilé officiel représente une étape dans la construction d'une conscience régionale. Alors que le Centre-Val de Loire souffre d'une image parfois floue, les autorités espèrent que cette clarification contribuera à renforcer la visibilité et l'attractivité du territoire. La communication de la région utilisera désormais systématiquement le terme « Centrevallois » dans ses documents et ses campagnes.