Les émissions de gaz à effet de serre générées par les centres de données de Microsoft, Amazon et Google atteignent désormais un niveau comparable à la moitié des émissions totales de la France, selon une évaluation rendue publique ces derniers jours. Ce constat illustre l’ampleur de l’empreinte carbone des infrastructures numériques, alors que l’intelligence artificielle (IA) accélère la demande en puissance de calcul.
Une croissance tirée par l’IA
L’essor des modèles d’IA générative, qui nécessitent des serveurs toujours plus puissants et énergivores, a propulsé la consommation électrique des data centers. Microsoft avait déjà annoncé une hausse de 25 % de ses émissions directes et indirectes en 2025 par rapport à l’année précédente, une tendance que partagent ses concurrents. La nouvelle analyse, qui compare les émissions cumulées des trois entreprises à celles d’un État industrialisé, met en lumière la difficulté de concilier l’expansion des services cloud et l’IA avec les objectifs climatiques.
Des engagements climatiques mis à l’épreuve
Microsoft, Amazon et Google ont chacun pris des engagements de neutralité carbone d’ici 2030 ou 2040. Pourtant, les émissions liées à leurs activités continuent de croître, en particulier dans le secteur des centres de données. Les entreprises investissent massivement dans des énergies renouvelables pour alimenter leurs installations, mais la demande supplémentaire dépasse pour l’instant les efforts de décarbonation. Les données publiées montrent que les émissions combinées des trois groupes représentent environ la moitié de celles de la France, pays qui a pourtant un parc nucléaire important et une électricité relativement décarbonée.
Une course contre la montre
Cette situation relance le débat sur la régulation environnementale du secteur numérique. Plusieurs voix s’élèvent pour demander une transparence accrue sur les bilans carbone des grandes entreprises technologiques et l’intégration de critères stricts dans les futurs développements de l’IA. En attendant, les data centers continuent de se multiplier aux États-Unis, en Europe et en Asie, alimentant une hausse des émissions qui pourrait compromettre les engagements climatiques internationaux.
L’étude souligne également que la progression des émissions n’est pas uniforme : Amazon et Google enregistrent des trajectoires différentes selon leur mix énergétique et leur taux d’utilisation des énergies renouvelables. Mais dans l’ensemble, la tendance est à la hausse, portée par la croissance fulgurante de l’IA et du cloud computing.