L’administration américaine a officiellement engagé la procédure visant à retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme, une désignation qui entravait lourdement les investissements et les relations économiques du pays depuis plusieurs décennies. L’annonce a été faite mercredi par le secrétaire d’État Marco Rubio, qui a salué une « nouvelle étape historique » impulsée par le président Donald Trump pour offrir au peuple syrien « une chance d’atteindre la grandeur ».

La nouvelle est intervenue alors que M. Trump s’entretenait avec le président syrien Ahmed al-Charaa dans le cadre du sommet de l’OTAN qui se tient à Ankara, en Turquie. Lors de cette rencontre, le chef de l’exécutif américain a loué le travail de son homologue syrien, déclarant qu’il « effectue un travail incroyable pour unifier la Syrie ». Al-Charaa, ancien chef rebelle ayant contribué au renversement du régime de la famille el-Assad en 2024, a troqué ses tenues militaires pour un costume et cherche à se présenter comme une figure de rassemblement après un demi-siècle de régime autoritaire.

Une mesure assortie d’un délai de 45 jours

Selon les informations officielles, la radiation de la Syrie de cette liste doit prendre effet dans 45 jours, à moins que les parlementaires américains ne prennent la mesure — jugée peu probable — de la bloquer par une procédure législative. Le département d’État a précisé que cette décision « permettra de débloquer le commerce et les investissements internationaux, offrant à la Syrie une chance de se reconstruire et d’ouvrir un nouveau chapitre pour son peuple ». M. Rubio a ajouté qu’« une Syrie stable, unie et en paix avec elle-même et ses voisins profite non seulement à la région, mais au monde entier ».

Contexte d’une guerre dévastatrice

Le régime de sanctions américain avait été imposé à la Syrie en 1979, en raison de son soutien à des groupes considérés comme terroristes, et avait été renforcé après le déclenchement de la guerre civile en 2011. La chute du clan el-Assad fin 2024 a ouvert la voie à un rapprochement diplomatique. Sous la direction de M. al-Charaa, la Syrie cherche désormais un soutien économique massif pour reconstruire un pays ravagé par plus d’une décennie de conflit, qui a vu l’émergence du groupe armé EI (État islamique) et provoqué l’une des plus graves crises de réfugiés de l’époque contemporaine.

Des réserves israéliennes

M. Trump a publiquement plaidé pour que la Syrie fasse la paix avec Israël, mais il a choisi d’aller de l’avant avec la radiation en l’absence de progrès tangibles sur ce dossier. La décision américaine intervient malgré les réserves exprimées par Israël, qui a régulièrement mené des frappes aériennes sur le territoire syrien, l’un de ses adversaires historiques. Aucun commentaire officiel n’a été émis par les autorités israéliennes dans l’immédiat.

Alors que la Syrie s’engage dans une phase de transition politique et économique, la levée de la désignation de « soutien au terrorisme » constitue un signal fort de la part de Washington. Elle pourrait ouvrir la voie à une normalisation plus large des relations internationales avec Damas et à un afflux d’investissements étrangers indispensables à la reconstruction du pays.