Réquisitions sévères au procès du féminicide des Buttes-Chaumont

L’avocat général a requis, le 9 juillet 2026, une peine de vingt-sept années de réclusion criminelle à l’encontre de Lakhdar M., jugé pour avoir tué puis démembré son épouse Assia B. avant de disperser ses restes dans le parc des Buttes-Chaumont, à Paris. Le représentant du ministère public a également demandé que cette peine soit assortie d’une période de sûreté, sans en préciser la durée.

L’accusé, âgé d’une quarantaine d’années, comparaît depuis le début du mois devant la cour d’assises de Paris. Après avoir nié les faits pendant plusieurs années, il a finalement reconnu, au cours de l’audience du 6 juillet, avoir étranglé sa femme et découpé son corps. Les débats ont mis en lumière une relation conjugale marquée par une « dégradation » progressive, selon les termes employés par les experts.

Une femme décrite comme « lumineuse »

Les jours précédant les réquisitions, la cour a entendu les témoignages des proches d’Assia B. Ses parents, ses frères et sœurs ainsi que des amies ont tour à tour évoqué le souvenir d’une femme « lumineuse », souriante et dévouée à ses enfants. Plusieurs ont raconté avoir été témoins de scènes de violences conjugales, sans parvenir à faire cesser le calvaire de la victime. « Elle aimait la vie et elle aimait ses filles », a déclaré l’une de ses sœurs à la barre.

Des jardiniers du parc des Buttes-Chaumont, où des sacs contenant les restes d’Assia B. avaient été retrouvés en 2024, avaient également été entendus. Leur témoignage, rapporté lors des audiences précédentes, décrivait la découverte macabre et le choc ressenti par les équipes d’entretien.

Un procès sous haute tension

Le verdict est attendu dans les jours qui viennent. La défense de Lakhdar M. devrait plaider lors des ultimes audiences. L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Ce dossier, qui a profondément marqué l’opinion par la sauvagerie des actes, a relancé le débat sur les moyens de lutte contre les féminicides en France.

Selon les statistiques officielles, plus de cent femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2025. L’affaire des Buttes-Chaumont est devenue l’un des symboles de ces violences conjugales poussées à leur paroxysme.