Le financier australien Lex Greensill, fondateur de la société d'affacturage Greensill Capital, a été interdit d'exercer des fonctions de direction d'entreprise au Royaume-Uni pour une durée de neuf ans. Cette décision, officialisée jeudi par l'Insolvency Service, fait suite à la faillite retentissante de son groupe en mars 2021, qui avait laissé un passif de plus de 1,6 milliard de livres sterling.

L'ancien banquier de 49 ans, ancien producteur de canne à sucre dans le Queensland, avait bâti un empire financier en prêtant aux entreprises des sommes gagées sur leurs factures impayées. La chute de Greensill Capital, placée sous administration judiciaire, avait provoqué un scandale politico-financier majeur, impliquant notamment l'ancien Premier ministre britannique David Cameron, qui avait travaillé comme conseiller pour le groupe, et l'investisseur japonais Masayoshi Son, dont le fonds SoftBank avait soutenu l'entreprise.

La commission du Trésor de la Chambre des communes avait conclu en juillet 2021 que M. Cameron avait fait preuve d'un « manque de jugement significatif » dans ses relations avec Greensill.

Procédure et contestation

Selon l'Insolvency Service, Lex Greensill a signé un acte d'engagement de disqualification, mettant ainsi un terme à la procédure avant l'audience qui devait s'ouvrir le 8 juin. Il avait auparavant tenté de contester les poursuites, mais un tribunal avait rejeté ses arguments en mars dernier.

Dans une déclaration, Lex Greensill a affirmé qu'aucune conclusion de malhonnêteté n'avait été retenue contre lui. L'engagement de disqualification, bien qu'il mette fin aux poursuites, ne constitue pas une reconnaissance des faits mais une mesure administrative visant à protéger les intérêts des créanciers et du public.

Cette interdiction empêche Lex Greensill d'être administrateur ou de participer à la gestion d'une société enregistrée au Royaume-Uni pendant les neuf prochaines années.