Un contrat controversé sous le feu des critiques
Le contrat signé entre le service de santé public britannique (NHS) et l'entreprise américaine de logiciels Palantir fait l'objet de nouvelles polémiques. Plusieurs parlementaires britanniques exigent désormais la résiliation de cet accord, estimant que les circonstances de son attribution entachent la confiance dans la gestion des données de santé.
Des relations personnelles au cœur de l'attribution
Au centre des accusations figurent les liens personnels entre un haut responsable du NHS et un partenaire commercial de Palantir. Le directeur général de NHS England entretenait, selon des documents consultés, des relations étroites avec le dirigeant d'une société qui collabore avec Palantir. Ces contacts ont eu lieu précisément au moment où le contrat, d'une valeur de plusieurs centaines de millions de livres, était en cours de négociation.
Des courriels et des agendas professionnels attestent de rencontres et d'échanges réguliers entre le responsable du NHS et cet interlocuteur, ce qui soulève des questions sur d'éventuels conflits d'intérêts.
Des questions parlementaires sans réponse
Interrogé par des députés, le directeur général du NHS England a reconnu avoir eu des contacts avec ce partenaire de Palantir, mais a assuré que ces échanges n'avaient pas influencé la décision d'attribution du contrat. Il a indiqué avoir respecté les règles déontologiques en vigueur au sein du service public.
Les parlementaires, toutes tendances confondues, jugent ces explications insuffisantes. Plusieurs d'entre eux ont saisi la commission de contrôle parlementaire de la santé pour demander une enquête approfondie. Certains estiment que le contrat devrait être immédiatement suspendu ou annulé dans l'attente des conclusions de cette enquête.
Un contrat géant pour gérer les données du NHS
Palantir, cofondée par le milliardaire Peter Thiel, a obtenu en 2023 un contrat-cadre avec le NHS pour fournir une plateforme d'analyse de données. Ce contrat, qui peut atteindre plusieurs centaines de millions de livres sur plusieurs années, vise à améliorer la gestion des données de santé des patients, notamment pour la planification des services et la recherche médicale.
L'attribution de ce marché à une entreprise américaine spécialisée dans le renseignement et la surveillance avait déjà suscité des inquiétudes quant à la protection des données personnelles des citoyens britanniques.
Des inquiétudes sur la protection des données
Des associations de défense des droits numériques et des syndicats de médecins avaient déjà exprimé leurs réserves. La perspective qu'une société privée, dont les activités incluent la collaboration avec des agences de renseignement américaines, accède à d'immenses volumes de données médicales sensibles, avait provoqué un débat public.
Les récentes révélations sur les liens personnels entre le directeur général du NHS et un associé de Palantir relancent ces craintes. Des experts juridiques interrogés estiment que, si les faits étaient avérés, ils pourraient constituer une violation des règles de passation des marchés publics.
Pas de commentaire officiel
Ni Palantir ni le NHS England n'ont souhaité commenter ces nouvelles informations. Le ministère de la Santé britannique a indiqué qu'il prenait ces allégations « au sérieux » et qu'il examinerait les éléments transmis par les députés.
La pression monte sur le gouvernement alors que les parlementaires promettent de ne pas en rester là. Une audition du directeur général devant la commission parlementaire de la santé est désormais jugée probable dans les prochaines semaines.