La Chine a repris la tête du classement mondial des supercalculateurs. Le système LineShine, également connu sous le nom de Lingsheng, vient d'être désigné comme la machine la plus rapide de la planète par le Top500, le classement de référence publié semestriellement par un groupe de chercheurs internationaux. Cette annonce marque la première fois depuis 2017 qu'un superordinateur chinois occupe la première place de ce palmarès.
Installé à Shenzhen, le mastodonte informatique a détrôné El Capitan, un supercalculateur américain développé par le Lawrence Livermore National Laboratory en partenariat avec Hewlett Packard Enterprise et le fabricant de processeurs AMD. LineShine devient ainsi le cinquième système exascale au monde, c'est-à-dire capable d'effectuer plus d'un milliard de milliards d'opérations par seconde.
Des processeurs 100 % chinois
L'une des caractéristiques les plus remarquables de LineShine est qu'il n'utilise pas de processeurs graphiques (GPU), ces puces spécialisées qui équipent la plupart des supercalculateurs haut de gamme. Il repose exclusivement sur des microprocesseurs standards conçus en Chine. Selon les informations disponibles, ce choix technique démontre la capacité de l'industrie chinoise des semi-conducteurs à produire des composants performants malgré les restrictions à l'exportation imposées par Washington.
Aucun superordinateur chinois n'était plus apparu dans le top 10 du Top500 depuis 2023. LineShine vient donc briser une série dominée par les machines américaines et japonaises, dans un contexte de tensions technologiques croissantes entre Pékin et Washington.
Un symbole dans la guerre technologique
Ce classement intervient alors que les relations sino-américaines restent tendues sur le plan commercial et diplomatique. La visite récente du président Donald Trump en Chine n'a pas apaisé les divergences, notamment dans le domaine des hautes technologies. Les sanctions américaines visent en particulier à limiter l'accès de la Chine aux puces avancées et aux équipements de fabrication de semi-conducteurs.
LineShine prouve que la recherche chinoise parvient à s'affranchir de ces contraintes, au moins dans le domaine du calcul intensif. Cette avancée pourrait avoir des implications dans de nombreux secteurs : modélisation climatique, recherche pharmaceutique, intelligence artificielle et applications militaires.
Le précédent record chinois remontait à 2017 avec le Sunway TaihuLight. Entre-temps, les États-Unis avaient repris la tête grâce à des machines comme Summit, Frontier puis El Capitan. LineShine marque donc un retour en force de la Chine dans cette compétition où chaque étape est scrutée comme un indicateur de puissance technologique.