Nouvelle restructuration chez Lucid Motors
Le constructeur américain de véhicules électriques Lucid Motors a annoncé lundi la suppression d'environ 18 % de ses effectifs aux États-Unis, soit près de 1 500 employés, selon un document déposé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC). Cette décision intervient quatre mois après une première vague de licenciements de 12 % des effectifs en février.
Cette réduction de personnel concerne des employés à temps plein, des sous-traitants et des ouvriers de production horaires affectés à l'usine de Casa Grande, en Arizona. Le constructeur a également décidé d'éliminer le deuxième quart de production de son site arizonien afin d'aligner « les plans de production sur la demande anticipée ».
Départ du directeur général et suppression du poste
Marc Winterhoff, qui occupait le poste de directeur général (COO) et avait assuré l'intérim à la direction après le départ surprise de Peter Rawlinson en février, quitte l'entreprise avec effet immédiat. Lucid a indiqué que le poste de COO est purement et simplement supprimé dans le cadre de cette réorganisation.
Silvio Napoli, nommé PDG en avril dernier, a pris ses fonctions le 1er juin. Ce dernier avait déjà signalé en mai qu'il procéderait à une évaluation des opérations de l'entreprise. Dans son communiqué, il a justifié ces mesures par la volonté de « simplifier l'entreprise » ("simplify the company") et d'accélérer sa trajectoire vers la rentabilité.
Économies attendues et coûts de restructuration
Selon les documents transmis à la SEC, ce plan de restructuration doit générer des économies annualisées d'environ 158 millions de dollars. Ces gains seront obtenus grâce à la rationalisation de la structure organisationnelle, l'optimisation des dépenses opérationnelles et l'ajustement des capacités de production. Toutefois, la mise en œuvre de ce plan entraînera des coûts immédiats estimés à 32 millions de dollars au titre des indemnités de départ, des prestations sociales et des frais de transition pour les salariés concernés.
Contexte difficile pour le constructeur
Ces nouvelles suppressions d'emplois surviennent alors que Lucid traverse une période délicate. L'entreprise, soutenue financièrement par des fonds saoudiens, a présenté en mars une nouvelle plateforme de véhicule électrique de taille moyenne, qui doit donner naissance à plusieurs modèles dans les années à venir. Elle commercialise actuellement la berline Air et le SUV Gravity, mais peine à atteindre la rentabilité malgré des volumes de vente en hausse.
Les analystes du secteur estiment que le marché des véhicules électriques devient de plus en plus concurrentiel, avec une pression sur les prix et une demande qui ne décolle pas aussi rapidement que prévu. Lucid espère que ces réductions de coûts lui permettront d'atteindre une position financière plus solide avant le lancement de ses futurs modèles, notamment un véhicule plus abordable destiné à élargir sa clientèle.
Deuxième vague de licenciements en 2026
Cette annonce marque la deuxième réduction significative des effectifs chez Lucid en l'espace de quatre mois. En février, l'entreprise avait déjà licencié 12 % de ses employés, soit environ 900 personnes, dans le cadre d'un précédent plan d'économies. Au total, ce sont donc près de 30 % des effectifs qui ont été supprimés depuis le début de l'année.
La direction de Lucid a précisé que ces mesures sont conçues pour « faire progresser la trajectoire de l'entreprise vers la rentabilité et la génération de flux de trésorerie positifs », en rationalisant sa structure et en adaptant ses plans de production à la demande.
Réactions des marchés
L'action Lucid Group (LCID) était en légère baisse à l'ouverture des marchés lundi, les investisseurs digérant cette nouvelle vague de licenciements. Certains observateurs saluent la volonté de la nouvelle direction de prendre des décisions rapides pour réduire les coûts, tandis que d'autres s'inquiètent de la fréquence des restructurations et de la capacité du constructeur à maintenir ses volumes de production.
L'entreprise n'a pas encore communiqué sur le calendrier précis des départs ni sur l'impact exact de ces mesures sur ses chaînes de production.