Jean-Michel Aulas a officiellement annoncé son retrait du conseil municipal de Lyon, où il siégeait depuis les dernières élections municipales. Cette décision intervient après le dépôt d'une plainte pour viol visant Roman Abreu, ancien directeur de campagne de M. Aulas lors des élections municipales de 2026. La présidente de la Métropole de Lyon avait publiquement réclamé le retrait de l'élu dès le lendemain de la révélation de la plainte, estimant que sa présence n'était plus tenable.
Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a vivement critiqué la manière dont l'entourage de Jean-Michel Aulas a géré cette affaire. Il a estimé que la réaction de l'équipe municipale du groupe Aulas n'était « pas à la hauteur » des enjeux. Il a notamment pointé du doigt le manque de transparence et la lenteur avec laquelle la situation a été traitée, alors que la plainte était connue depuis plusieurs jours.
Des tensions politiques locales
Cette affaire a provoqué des remous au sein de la majorité municipale lyonnaise, où cohabitent des sensibilités politiques diverses. La présidente de la Métropole, issue de la majorité, avait clairement pris position en demandant le retrait de Jean-Michel Aulas, soulignant que la gravité des accusations ne permettait pas de maintenir un lien avec un élu dont le collaborateur est mis en cause.
De son côté, Jean-Michel Aulas justifie son retrait par la nécessité de préserver la sérénité des travaux municipaux et de ne pas exposer sa famille à des polémiques. Il précise que cette mise en retrait est temporaire, dans l'attente des conclusions de l'enquête en cours. Il affirme n'avoir eu connaissance de la plainte que tardivement et déplore une instrumentalisation politique de cette affaire.
Une plainte pour viol aux contours encore flous
L'enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Lyon après le dépôt d'une plainte pour viol par une femme, qui accuse Roman Abreu de faits qui se seraient déroulés en juin 2025. M. Abreu, qui a démissionné de ses fonctions au sein de la campagne dès la révélation de la plainte, conteste fermement les accusations. Il a été entendu sous le statut de témoin assisté dans le cadre de cette enquête.
Plusieurs femmes, selon des témoignages recueillis par des journalistes, auraient également évoqué des comportements inappropriés de la part de l'ancien communicant. Aucune autre plainte n'a toutefois été officiellement déposée à ce stade. La défense de Roman Abreu, joint par plusieurs rédactions, n'a pas souhaité commenter les faits.
Conséquences pour la vie politique lyonnaise
Le retrait de Jean-Michel Aulas, figure tutélaire du football lyonnais et acteur économique de premier plan, marque un tournant dans la vie politique locale. Élu sur une liste de centre-droit, il était perçu comme un possible candidat pour la prochaine élection présidentielle, ou du moins comme un faiseur de rois. Cette affaire vient fragiliser ses ambitions nationales.
La majorité écologiste au conseil municipal pourrait désormais disposer d'une marge de manœuvre accrue, même si le groupe de Jean-Michel Aulas conservait une influence non négligeable. Les prochains mois s'annoncent délicats pour l'ancien président de l'OL, qui devra gérer les conséquences judiciaires et politiques de cette affaire.