La présidente de la Métropole de Lyon a officiellement demandé à Jean-Michel Aulas de se retirer de la scène publique, alors que son ex-directeur de campagne, Roman Abreu, fait l'objet d'une plainte pour viol. Cette requête, formulée ce jeudi, intervient après la révélation des faits qui secouent la vie politique lyonnaise.

Les faits à l'origine de la crise

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Lyon à la suite du dépôt d'une plainte de deux femmes. Celles-ci accusent Roman Abreu, qui a dirigé la campagne municipale de Jean-Michel Aulas lors des dernières élections, de violences sexuelles. Les faits dénoncés auraient été commis courant 2025. Selon les informations recueillies, les plaignantes ont déposé leur plainte auprès des services de police, qui ont ensuite saisi la justice.

Jean-Michel Aulas, figure emblématique du football français et ancien président de l'Olympique Lyonnais, s'est lancé en politique en 2025 en se présentant à la mairie de Lyon. Il est aujourd'hui tête de liste pour les élections municipales de 2026. Roman Abreu était l'un de ses plus proches collaborateurs pendant la campagne, occupant le poste de directeur de campagne.

La réaction de la présidente de la Métropole

Interrogée sur cette affaire, la présidente de la Métropole de Lyon a estimé que Jean-Michel Aulas devait prendre ses responsabilités. « Dans un tel contexte, il est indispensable que M. Aulas se mette en retrait de la vie publique afin de permettre à la justice de faire son travail sereinement », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que cette affaire ternissait l'image de la ville et de la Métropole, et qu'une telle situation n'était « pas compatible avec l'exercice d'une fonction élective ».

La présidente n'a pas directement mis en cause la responsabilité pénale de Jean-Michel Aulas, mais a souligné son devoir moral et politique en tant que chef de file. Elle a également appelé à ce que toute la lumière soit faite sur les faits dénoncés.

Les positions des autres responsables politiques

Plusieurs figures politiques locales ont également réagi. Certains élus, notamment de la majorité présidentielle et des rangs écologistes, ont apporté leur soutien à la demande de retrait. D'autres, plus proches du camp de Jean-Michel Aulas, ont estimé qu'il convenait d'attendre les résultats de l'enquête avant de tirer des conclusions. Un conseiller régional a déclaré : « Tant que la justice n'a pas statué, il faut respecter la présomption d'innocence. »

La candidate du Rassemblement national à Lyon a quant à elle dénoncé une « affaire gravissime » et a réclamé la transparence totale. Des associations féministes locales ont également appelé à ce que les plaignantes soient protégées et entendues.

Les conséquences pour la campagne électorale

Cette affaire intervient à moins d'un an du premier tour des élections municipales de 2026. Jean-Michel Aulas, qui espérait incarner un renouveau pour la ville, voit sa campagne perturbée par ce scandale. Roman Abreu, qui n'a pas fait de déclaration publique depuis les révélations, a quitté ses fonctions au sein de l'équipe de campagne selon des sources proches du dossier. Son avocat n'a pas souhaité commenter les accusations.

L'équipe de Jean-Michel Aulas a diffusé un communiqué indiquant que ce dernier « prend acte de la demande de la présidente de la Métropole » et qu'il « reste déterminé à défendre son projet pour Lyon ». Aucune décision officielle de retrait n'a été annoncée à ce stade.

Le cadre judiciaire

L'enquête préliminaire, confiée à la brigade de répression du proxénétisme et des atteintes aux personnes, doit déterminer si les faits dénoncés sont suffisamment établis pour être qualifiés juridiquement. Le parquet de Lyon a précisé que l'enquête était en cours et qu'aucune mise en examen n'avait encore été prononcée. Les auditions des protagonistes sont attendues dans les prochaines semaines.

Les deux plaignantes, qui seraient âgées d'une vingtaine d'années selon des informations concordantes, ont été entendues par les enquêteurs. Elles affirment avoir subi des violences sexuelles de la part de Roman Abreu dans des circonstances qui restent à éclaircir.

Les répercussions au niveau national

Au-delà de la sphère lyonnaise, cette affaire a des échos sur la scène politique nationale. Jean-Michel Aulas, qui s'était présenté comme un candidat d'ouverture, est désormais fragilisé dans sa quête de la mairie de Lyon. Plusieurs observateurs estiment que cette affaire pourrait avoir des conséquences sur l'issue du scrutin municipal dans la troisième ville de France.

Les associations de défense des droits des femmes ont également réagi, appelant à ce que ce type d'affaires soit traité avec « la plus grande rigueur ». Elles ont souligné que de nombreux cas similaires avaient conduit à des condamnations dans le monde politique.

La demande de mise en retrait formulée par la présidente de la Métropole de Lyon place Jean-Michel Aulas dans une position délicate, alors que la justice n'a pas encore tranché. L'avenir politique de l'ancien dirigeant sportif dépendra probablement des suites de l'enquête et de sa capacité à gérer cette crise.