Emmanuel Macron et Giorgia Meloni se sont retrouvés jeudi à Antibes, sur la Côte d’Azur, pour le premier sommet franco-italien depuis 2020. Ce rendez-vous, qui s’inscrit dans le cadre du Traité du Quirinal entré en vigueur en 2021, visait à redonner de l’élan à une relation bilatérale parfois émaillée de frictions.

Les discussions se sont déroulées à la Villa Eilenroc, une demeure du XIXe siècle surplombant la Méditerranée. Avant les entretiens, les deux dirigeants ont visité le musée Picasso d’Antibes. Au programme : entretiens, signatures d’accords et conférence de presse, suivis d’un dîner de travail.

Un climat apaisé après les tensions passées

L’ambiance affichée était résolument détendue, contrastant avec les accrocs des années précédentes. Fin 2022, un incident autour d’un navire de migrants refusé par l’Italie et contraint d’accoster en France avait provoqué une crise diplomatique. En février, Emmanuel Macron avait invité Giorgia Meloni à cesser de « commenter ce qui se passe chez les autres », en référence aux déclarations de la dirigeante italienne sur la politique intérieure française.

L’Élysée a néanmoins appelé à un « retour aux fondamentaux de la relation franco-italienne », balayant ce qu’il qualifie d’« écume et le commentaire » autour des tensions. Selon Marc Lazar, spécialiste de l’Italie, « ils vont s’embrasser sur les deux joues comme du bon pain, elle va arrêter de faire la gueule quand elle voit Macron et vice-versa ».

Des échanges économiques et stratégiques solides

Ce rapprochement s’appuie sur des intérêts partagés. Les échanges de biens entre les deux pays ont dépassé les 100 milliards d’euros en 2025. Les coopérations couvrent des secteurs clés comme la défense, l’énergie et l’espace. Le Traité du Quirinal, qui vise à rehausser la relation bilatérale au niveau de celle entre Paris et Berlin, constitue le cadre institutionnel de ce renforcement.

Le sommet d’Antibes intervient alors que Giorgia Meloni a pris ses distances avec Donald Trump, après une lune de miel initiale. Ces dernières semaines, des échanges acerbes ont marqué ce tournant, conduisant la dirigeante italienne à se rapprocher de ses partenaires européens.

Le président français a accueilli sa homologue le 17 avril à l’Élysée, une rencontre qui avait déjà donné le ton. Arrivée dans une Alfa Romeo rouge vif, assortie à son tailleur, Giorgia Meloni avait été saluée par une double bise d’Emmanuel Macron, ponctuée de fous rires. Ce dernier a souligné l’importance de « retrouver une dynamique positive » entre Paris et Rome.

Les accords signés jeudi n’ont pas été détaillés dans l’immédiat, mais ils devraient porter sur des projets communs dans les domaines économique et technologique. La conférence de presse conjointe, prévue en fin d’après-midi, permettra aux deux chefs d’exécutif de présenter les résultats de ce sommet.