Le feuilleton des visas pour l'équipe d'Iran, qui empoisonnait les relations américano-iraniennes depuis le début de la Coupe du monde 2026, a connu son épilogue mercredi. Les joueurs et l'ensemble de la délégation iranienne ont reçu l'autorisation d'entrer aux États-Unis, à la veille de leur rencontre décisive face à la Bosnie-Herzégovine, prévue jeudi à Boston.

Une levée des restrictions obtenue in extremis

Jusqu'à mercredi, les footballeurs iraniens étaient confinés à Tijuana, au Mexique, où ils s'entraînaient depuis plusieurs semaines dans des conditions de sécurité renforcées. Les États-Unis maintenaient des restrictions d'accès au territoire pour les ressortissants iraniens, en raison des sanctions économiques et des tensions diplomatiques bilatérales. Téhéran avait saisi la Fédération internationale de football (Fifa) pour contester ces limitations, dénonçant un « climat hostile ». La plainte iranienne, déposée il y a plusieurs jours, accusait Washington de réduire le quota de billets alloué à l'Iran et d'avoir expulsé un membre du personnel.

Le gouvernement américain a finalement assoupli sa position. Selon des responsables proches du dossier, l'équipe bénéficie désormais du même protocole que les autres délégations participant au Mondial. Les visas ont été délivrés par l'ambassade américaine en Turquie, où les passeports avaient été déposés en juin. Les joueurs et le staff ont pu franchir la frontière américano-mexicaine et prendre la direction de Boston, où se jouera leur dernier match de groupe.

Un match sous haute tension

Cette délivrance de visas intervient alors que la sélection iranienne doit affronter la Bosnie-Herzégovine jeudi au Gillette Stadium. L'enjeu sportif est crucial : l'Iran, qui compte deux points après un nul contre le Nigeria et un match nul face à l'Angleterre dans des conditions tendues, doit impérativement l'emporter pour espérer se qualifier pour les huitièmes de finale. Une défaite ou un nul pourrait sceller son élimination.

Au-delà du terrain, les tensions politiques n'ont cessé de s'inviter dans le tournoi. Téhéran avait réclamé à la Fifa l'interdiction des symboles de l'opposition iranienne dans les stades, exigeant que les drapeaux et banderoles considérés comme « hostiles » au régime soient retirés. La fédération iranienne avait également dénoncé un « climat hostile » après les matchs joués jusqu'à présent, tout en réaffirmant le respect de l'équipe envers le peuple iranien. Le sélectionneur et l'attaquant vedette de l'Iran ont tenu à rappeler cette position lors d'une conférence de presse la semaine dernière.

Des précédents tendus

L'arrivée de la délégation iranienne aux États-Unis avait été marquée par des incidents dès le début du mois de juin. L'avion de l'équipe avait atterri au Mexique, où les joueurs s'étaient installés dans un hôtel sous haute surveillance, tandis que les entraînements se déroulaient à huis clos. Une partie du staff, dont le président de la fédération, avait dû patienter plus longtemps pour obtenir ses visas. Le sélectionneur iranien avait évoqué une « arrivée anticipée » pour le troisième match, sans toutefois confirmer la date exacte.

Les autorités américaines, de leur côté, ont justifié la délivrance tardive des visas par les procédures de sécurité et les contrôles approfondis. Aucun commentaire officiel n'a été fait par le département d'État sur les raisons de cet assouplissement soudain, mais des sources diplomatiques indiquent que l'intervention de la Fifa et la médiation du Mexique, pays coorganisateur du Mondial, ont joué un rôle clé.

Un dénouement sportif avant tout

Avec cette issue, les regards se tournent désormais vers le terrain. Les joueurs iraniens, privés d'entraînement en conditions réelles pendant plusieurs jours, devront composer avec la fatigue du voyage et le stress des semaines passées dans l'incertitude. Leur adversaire bosnien, déjà éliminé, pourrait jouer les trouble-fêtes dans un match à fort enjeu politique et sportif.

Pour Téhéran, l'obtention des visas représente une victoire diplomatique, même si la période d'incertitude a perturbé la préparation de l'équipe. La Fifa, saisie par l'Iran, n'a pas encore communiqué officiellement sur les suites de la plainte. Mais les joueurs, eux, peuvent enfin fouler le sol américain et se concentrer sur leur objectif : une qualification historique pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde.