Un succès danois

Le coureur de l’équipe Lidl-Trek Mads Pedersen a signé la troisième victoire d’étape de sa carrière sur le Tour de France, mardi 7 juillet, à l’issue des 182 kilomètres entre Carcassonne et Foix. Parti dans une vaste échappée matinale, l’ancien champion du monde 2019 a placé son accélération au moment idéal pour devancer au sprint son coéquipier américain Quinn Simmons et l’Espagnol Raul Garcia Pierna (Movistar). Ce succès permet également au Danois de s’emparer du maillot vert du classement par points.

Le conte de fées norvégien

La journée a surtout consacré Torstein Traeen, nouveau porteur du maillot jaune. Le coureur de la formation Uno-X Mobility, âgé de 30 ans, faisait partie du groupe de 34 hommes qui s’est détaché dès le vingt-cinquième kilomètre. Alors que le peloton mené par l’équipe UAE Emirates-XRG du tenant du titre Tadej Pogacar n’a pas cherché à réduire l’écart, l’avance des fuyards a gonflé jusqu’à dépasser les treize minutes. Traeen, huitième de l’étape, hérite donc de la tunique de leader.

« Il m’est difficile de mesurer l’ampleur de cet exploit, mais on voit sur les visages de mon ancien entraîneur à quel point c’est spécial », a confié le Norvégien sur le podium. « On ne réalise pas vraiment ce qui se passe. Peut-être que dans quelques jours je prendrai conscience, mais pour l’instant je veux juste en profiter. » Il a ajouté : « J’ai vu mes coéquipiers depuis le podium, on voit à quel point ils sont heureux, c’est toujours émouvant. »

Traeen est le troisième Norvégien à revêtir le maillot jaune après Thor Hushovd, qui est aujourd’hui son directeur sportif chez Uno-X Mobility, et Alexander Kristoff. Surtout, ce moment revêt une dimension particulière : le coureur a été traité pour un cancer en 2022, découvert grâce à un résultat anormal lors d’un contrôle antidopage. Il avait déjà porté le maillot de leader sur la Vuelta l’an dernier pendant quatre jours.

La chaleur au cœur de l’étape

Les conditions climatiques ont marqué cette quatrième étape, avec des températures atteignant 40 °C dans le sud de la France. Les coureurs ont multiplié les gestes pour se rafraîchir, plaçant des blocs de glace sous leurs maillots. L’organisation a autorisé le transport de sacs de glace et d’eau, une mesure expérimentale pour faire face à la canicule. « Il faut simplement vivre avec la chaleur et faire tout ce qu’on peut pour se rafraîchir », a expliqué Mads Pedersen. « Heureusement, les voitures de l’échappée sont plus proches de nous que dans le peloton, ce qui facilite les choses. Quand on parle d’effort d’équipe, on ne parle pas seulement des coureurs – il y a beaucoup de personnes dans notre équipe qui nous aident. »

La montée du col de Montségur (7 km à 1 059 m d’altitude), à une trentaine de kilomètres de l’arrivée, a servi de juge de paix. Dix hommes se sont détachés au sommet, creusant définitivement l’écart avec le peloton où figuraient les favoris.

Classement général bouleversé

Au classement général, Torstein Traeen devance désormais l’Américain Sean Quinn (neuvième de l’étape) de 28 secondes. Le Tchèque Mathias Vacek, coéquipier de Pedersen chez Lidl-Trek et dixième mardi, pointe à la troisième place avec 3 minutes 50 secondes de retard, tout en prenant la tête du classement du meilleur jeune. Tadej Pogacar, quadruple vainqueur de l’épreuve, chute à la quatrième position, à 7 minutes 53 secondes du nouveau leader. Son grand rival Jonas Vingegaard le suit à la cinquième place, avec le même temps. Il s’agit de la troisième année consécutive où Pogacar perd le maillot jaune le lendemain de l’avoir endossé.