La course au Sénat dans le Maine connaît un rebondissement majeur. Alors que le candidat démocrate Graham Platner, ancien Marine, est visé par une accusation d’agression sexuelle formulée lundi par une femme, des responsables politiques républicains affichent ouvertement leur souhait de le voir rester dans la compétition. Selon plusieurs stratèges proches de l’ancien président Donald Trump, plus Platner s’accroche, plus les chances du camp républicain augmentent.
Platner, qui avait remporté la primaire démocrate en juin malgré une série de controverses antérieures – mauvais traitements présumés envers des femmes, dissimulation d’un tatouage à connotation nazie et commentaires en ligne jugés choquants – fait désormais face à une nouvelle accusation grave. Lundi, une habitante du Maine a affirmé que Platner l’avait contrainte à un rapport sexuel contre son gré. L’équipe de campagne du candidat, qui n’a pas répondu aux sollicitations récentes, avait précédemment démenti ce récit dans une déclaration.
Appels au retrait et pression partisane
Depuis cette révélation, une vague de responsables démocrates, du sénateur Bernie Sanders au chef de la minorité au Sénat Chuck Schumer, a demandé à Platner de se retirer. En parallèle, le comité de campagne sénatorial démocrate (DSCC) a annoncé qu’il ne financerait pas la candidature de Platner s’il restait en lice. Cette décision laisse entrevoir des difficultés financières pour le candidat, qui devrait alors compter sur les petits donateurs, une source de financement jugée insuffisante pour rivaliser avec les sommes colossales attendues dans les publicités télévisées de la région de Boston, l’un des marchés médiatiques les plus coûteux du pays.
Une fenêtre de décision serrée
Les règles électorales du Maine imposent un calendrier contraignant. Platner a jusqu’au 13 juillet pour annoncer son retrait. Passé cette date, un nouveau délai court jusqu’au 27 juillet pour organiser une élection spéciale afin de remplacer son nom sur le bulletin de vote. Des responsables démocrates locaux évoquent la possibilité d’organiser ce scrutin le week-end du 25 juillet. Parmi les candidats potentiels figurent la gouverneure Janet Mills, qui s’était retirée de la primaire sénatoriale, et l’ancien sénateur d’État Troy Jackson.
Les républicains voient une occasion en or
Dans l’entourage de Trump, on se réjouit presque ouvertement de la situation. Un stratège républicain a ironisé sur le fait que Platner devrait « rester et se battre contre l’establishment des lobbyistes libéraux », tandis qu’un autre juge que « plus Platner reste, mieux c’est pour nous ». Les opérateurs républicains estiment que même si Platner se retire, la tâche des démocrates reste ardue face à la sénatrice sortante républicaine Susan Collins. Celle-ci, qui avait réussi à résister à la vague Biden en 2020 dans cet État, conserve une image de candidate « la moins offensive » parmi les républicains du Sénat, selon un conseiller chevronné. « Au bout du compte, les démocrates doivent mener une campagne parfaite pour battre Collins, ce qu’ils n’ont pas fait jusqu’à présent », résume ce stratège.
Une course sous haute tension
L’élection sénatoriale du Maine est l’une des plus surveillées du pays pour les élections de mi-mandat de novembre. Le chaos actuel autour de la candidature démocrate, couplé à la nouvelle accusation d’agression sexuelle, pourrait durablement affecter les chances du parti. Les républicains, eux, suivent de près l’évolution de la situation, certains espérant que Platner reste en lice jusqu’à la dernière limite légale, afin de maximiser l’affaiblissement de l’adversaire.