La course au Sénat dans le Maine tourne à l'avantage des républicains, du moins dans l'esprit des opérateurs politiques proches de l'ancien président Donald Trump. Selon des sources anonymes au sein de ce réseau, le maintien du candidat démocrate Graham Platner, embourbé dans une série de scandales, est perçu comme une aubaine. « Platner devrait rester et se battre contre l'establishment des lobbyistes de gauche », a ironisé l'un d'eux, soulignant le caractère délétère de sa campagne.

Une candidature minée par les controverses

Ancien marine, Platner avait remporté la primaire démocrate malgré des révélations sur des relations conflictuelles avec des femmes, la dissimulation d'un tatouage à connotation nazie et des commentaires en ligne jugés offensants. La semaine dernière, une nouvelle accusation d'agression sexuelle a été portée contre lui. Une femme affirme qu'il l'aurait contrainte à un rapport sexuel contre son gré. L'équipe de campagne de Platner a démenti ces allégations dans un communiqué, sans répondre aux sollicitations plus récentes.

Depuis lors, les figures de proue du parti démocrate, du sénateur Bernie Sanders au chef de la majorité au Sénat Chuck Schumer, ont publiquement demandé à Platner de se retirer. Le Comité sénatorial démocrate de campagne (DSCC) a également annoncé qu'il ne financerait pas sa campagne s'il restait en lice. Pour les républicains, cette défection institutionnelle est une excellente nouvelle : Platner devra se tourner vers les petits donateurs, une ressource insuffisante pour couvrir les dizaines de millions de dollars nécessaires à une campagne télévisée dans le coûteux marché médiatique de Boston.

Des républicains qui se frottent les mains

Les stratèges trumpistes se réjouissent ouvertement de ce qu'ils décrivent comme un « feu de poubelle ». Même si Platner venait à se retirer, ils estiment que la sénatrice républicaine sortante Susan Collins conserve une longueur d'avance. « Au bout du compte, les démocrates doivent mener une campagne parfaite pour battre Collins, ce qu'ils n'ont pas fait. Elle reste la candidate la moins clivante du caucus républicain au Sénat », a commenté un stratège républicain de longue date.

Des délais serrés pour les démocrates

Les démocrates disposent d'une fenêtre étroite pour remplacer Platner. La date limite pour un retrait volontaire est fixée au 13 juillet. Si Platner quitte la course, un scrutin spécial pourrait être organisé le 27 juillet pour désigner un nouveau candidat. Plusieurs noms circulent, dont celui de la gouverneure Janet Mills, qui avait renoncé à la primaire démocrate, et de l'ancien sénateur d'État Troy Jackson. Mais les républicains restent sceptiques : le lourd passif de l'affaire Platner risque de peser sur tout remplaçant.

En attendant, les opérateurs de Trumpworld espèrent que le candidat ne cédera pas aux pressions. « Plus il reste, plus la situation se dégrade pour les démocrates », résume l'un d'eux.