L’Algérie et le Mali ont franchi une étape décisive vers l’apaisement de leurs relations bilatérales. Les deux pays ont convenu de rouvrir leur espace aérien, fermé depuis plusieurs mois, et annoncé le retour prochain de l’ambassadeur algérien à Bamako. Cette annonce, officialisée le 10 juillet 2026, met fin à une période de brouille diplomatique qui durait depuis plus de quinze mois.
Une reprise des liaisons aériennes
Selon des informations concordantes, la décision porte sur la levée des restrictions de survol qui avaient été imposées par l’Algérie aux appareils maliens, puis réciproquement. La réouverture de l’espace aérien permettra de rétablir les vols commerciaux et de transit, essentiels pour les échanges économiques entre les deux pays et avec le reste de la région. Aucun calendrier précis n’a été communiqué, mais les autorités des deux côtés ont indiqué que les mesures entreraient en vigueur « dans les prochains jours ».
Un retour diplomatique attendu
Parallèlement, Alger a fait savoir qu’il renverrait son ambassadeur au Mali, poste vacant depuis le rappel de ce dernier en avril 2025. Ce retrait avait été décidé pour protester contre ce que l’Algérie considérait comme une ingérence malienne dans ses affaires intérieures, en lien avec l’accueil de figures de l’opposition. De son côté, Bamako avait dénoncé un « manque de solidarité » d’Alger dans la lutte contre les groupes armés au Sahel. Le retour du diplomate en chef est perçu comme un signe de volonté réciproque de normalisation.
Les racines de la crise
Les tensions entre les deux voisins s’étaient accrues à partir de 2024, sur fond de divergences concernant la gestion de la crise sécuritaire au Sahel. L’Algérie, qui partage une longue frontière avec le Mali, a critiqué à plusieurs reprises le recours par Bamako à des mercenaires russes dans le cadre de la lutte antiterroriste. En retour, les autorités maliennes ont accusé Alger de soutenir des groupes rebelles touaregs dans le nord du pays. Cette méfiance réciproque avait conduit à une série de mesures de rétorsion, dont la fermeture de l’espace aérien et la suspension de la coopération sécuritaire.
Un contexte régional instable
Cette réconciliation intervient alors que la situation sécuritaire dans la région du Sahel demeure fragile. Les groupes jihadistes multiplient les attaques, et les populations civiles subissent de lourdes pertes. Les analystes soulignent que sans une coordination étroite entre Alger et Bamako, les efforts de stabilisation restent limités. L’accord sur l’espace aérien et la reprise des relations diplomatiques pourrait donc ouvrir la voie à une collaboration renforcée sur le terrain, notamment en matière de renseignement et de contrôle des frontières.
Des négociations discrètes
Des sources proches des discussions indiquent que la médiation de pays voisins, notamment le Niger et la Mauritanie, a facilité le rapprochement. Les échanges auraient été menés de manière discrète depuis plusieurs semaines, aboutissant à ce double accord. Les deux capitales ont souligné leur attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de chaque État, principe qui avait été au cœur des contentieux.
Quelles suites ?
Pour l’heure, aucun détail n’a été donné sur le nom du futur ambassadeur algérien ni sur la date exacte de son arrivée à Bamako. Les autorités maliennes ont, de leur côté, salué cette décision et affirmé leur volonté de « tourner la page ». La réouverture de l’espace aérien devrait être suivie de la reprise des vols directs entre Alger et Bamako, suspendus depuis le printemps 2025. Les milieux économiques espèrent que cette détente favorisera également la reprise des échanges commerciaux, notamment dans les secteurs de l’énergie et des transports.
Ce rapprochement marque un infléchissement notable dans la relation bilatérale, après une des périodes les plus tendues de l’histoire récente entre les deux pays. Reste à savoir si ce geste politique pourra se traduire par une coopération concrète sur les dossiers sécuritaires et économiques qui préoccupent les deux rives du Sahara.