Cuba a connu vendredi 10 juillet une panne d’électricité générale, la quatrième depuis le début de l’année et la deuxième en l’espace de sept jours. Selon l’Union électrique de Cuba, entreprise publique gestionnaire du réseau, l’interruption est survenue à 16 h 30, heure locale, plongeant l’ensemble du territoire dans l’obscurité. Aucune cause officielle n’a été avancée dans l’immédiat.

Un réseau vieillissant fragilisé par la pénurie de pétrole

Les coupures de courant ne sont pas rares à Cuba, où l’infrastructure électrique date pour l’essentiel de la période de la guerre froide, entre 1960 et 1980. Mais la situation s’est nettement aggravée depuis le début de l’année, lorsque le président américain Donald Trump a coupé l’approvisionnement en pétrole étranger de l’île.

Sous embargo commercial américain depuis les années 1960, Cuba ne produit que 40 % du pétrole qu’elle consomme, selon l’Agence internationale de l’énergie. Le reste était jusqu’alors importé, principalement du Venezuela. En janvier 2026, Trump a autorisé une opération militaire contre le président vénézuélien Nicolás Maduro, qui s’est soldée par l’enlèvement de ce dernier et son transfert à New York, où il est emprisonné. Peu après, Washington a annoncé que le Venezuela cesserait d’envoyer du pétrole et des fonds à Cuba.

Menace de sanctions contre les fournisseurs de carburant

Le 29 janvier, le président américain a signé un décret qualifiant Cuba de « menace inhabituelle et extraordinaire » pour les États-Unis, assorti d’une menace de droits de douane élevés contre tout pays qui fournirait du carburant à l’île. Depuis lors, un seul pétrolier russe a réussi à livrer du brut à Cuba, en mars dernier. Les réserves de combustibles nécessaires au fonctionnement des centrales électriques sont donc au plus bas.

Cette quatrième panne générale intervient après trois précédents épisodes similaires en mars et en juillet. Les autorités n’ont pas indiqué l’ampleur des dégâts ni la durée prévue du rétablissement. Les observateurs redoutent que la pression exercée par l’administration Trump, visant à provoquer un changement de régime à La Havane, n’aggrave encore la crise énergétique et humanitaire sur l’île.