La ruée vers l’intelligence artificielle, priorité absolue de Mark Zuckerberg, s’accompagne d’un climat social dégradé chez Meta. Tandis que des milliers d’emplois sont supprimés et des salariés redéployés de force, la direction reconnaît des résultats en deçà des attentes. Le malaise, qualifié de « culture de la peur » par des employés, s’étend à tous les niveaux de l’entreprise.

Au début de l’année, Meta a engagé une réorganisation drastique pour accélérer le développement de ses agents d’intelligence artificielle. Cette opération a conduit à la suppression de 8 000 postes, soit environ 10 % des effectifs, tandis que 7 000 autres employés étaient réaffectés vers des équipes consacrées à l’IA. Ces mouvements brutaux ont profondément ébranlé les équipes, d’autant que les résultats tardent à se matérialiser.

Mark Zuckerberg lui-même a récemment admis que les progrès de l’intelligence artificielle ne sont pas assez rapides. Après avoir multiplié les licenciements, il a reconnu que le virage technologique espéré ne se concrétise pas au rythme annoncé, alimentant un sentiment d’impuissance parmi les salariés.

Un climat de tension et des tâches décriées

Plusieurs témoignages internes, rapportés par des sources concordantes, décrivent une ambiance délétère. Les employés évoquent une « culture de la peur » où la crainte de nouveaux licenciements paralyse les initiatives. Certains dénoncent également l’attribution de tâches perçues comme insignifiantes, sans réelle valeur ajoutée, dans le cadre de la nouvelle orientation stratégique.

Le moral au plus bas depuis Cambridge Analytica

Le directeur technique de Meta a concédé que le moral des employés est probablement le plus bas dans l’histoire récente de l’entreprise, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis le scandale Cambridge Analytica en 2018. Cette confession, rare de la part d’un haut dirigeant, illustre l’ampleur de la crise interne.

Des départs de cadres

Plusieurs responsables clés quittent le navire. Emily Dalton Smith, chargée de piloter la consolidation des outils d’intelligence artificielle en interne, a annoncé son départ. Son exfiltration s’ajoute à une série de défections qui fragilisent la mise en œuvre de la stratégie.

Les efforts de Meta pour rattraper son retard dans le domaine de l’IA semblent ainsi se heurter à des obstacles humains autant que techniques. La direction devra composer avec une main-d’œuvre démoralisée et une confiance érodée pour espérer concrétiser ses ambitions.