Arrivé à Abou Dhabi, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a déclaré mardi que ses discussions avec les dirigeants des pays du Golfe porteraient en grande partie sur le récent protocole d'accord avec l'Iran. Interrogé sur la nécessité de rassurer ces alliés clés, il a reconnu que ce sujet serait "très certainement abordé lors de ces discussions". Il a précisé que "certains points ne figurant pas dans le protocole d'accord seront sans aucun doute évoqués, mais celui-ci devra impérativement être traité".
Des craintes légitimes dans la région
La mission de Marco Rubio s'annonce particulièrement délicate. Les pays du Golfe, dont plusieurs ont été directement touchés par les représailles iraniennes lors du conflit précédent, redoutent que l'accord ne renforce Téhéran au détriment de leur propre sécurité. Les frappes américano-israéliennes contre l'Iran avaient en effet provoqué des tirs de missiles et de drones iraniens en direction de ces États, les entraînant malgré eux dans une guerre dont ils ne voulaient pas. Ce lourd tribut rend les monarchies pétrolières méfiantes vis-à-vis de toute normalisation avec la République islamique.
Un lien entre l'accord et la stabilité régionale
Marco Rubio a également établi un lien direct entre la mise en œuvre de l'accord et la fin des violences dans toute la région. Selon lui, "une cessation complète et définitive des hostilités dans toute la région (...) ne sera pas possible tant que des mandataires iraniens lancent des missiles et des drones depuis l'Irak et se livrent à des actes terroristes, comme l'ont fait le Hamas et le Hezbollah" libanais. Cette déclaration souligne la volonté américaine de conditionner le soutien à l'accord à un arrêt des activités déstabilisatrices de l'Iran et de ses alliés.
Un contexte régional toujours tendu
Cette tournée diplomatique intervient alors que la région est encore en proie à des tensions multiples. Parallèlement, Oman et l'Iran ont annoncé étudier les coûts de la future gestion du détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport pétrolier. De son côté, le Hezbollah réclame un retrait total d'Israël du Liban, tandis que les efforts de stabilisation se poursuivent. Le secrétaire d'État américain devra donc jongler entre les exigences de ses alliés du Golfe, les promesses de l'accord iranien et la nécessité d'apaiser les foyers de tension persistants.