Lors de sa tournée dans le Golfe, le chef de la diplomatie américaine a adressé un double message aux alliés régionaux et à l’Iran. D’une part, il a promis une coordination étroite avec les monarchies du Golfe dans le cadre des négociations sur le programme nucléaire iranien. De l’autre, il a clairement exposé les risques qu’il associe à une éventuelle imposition de péages dans le détroit d’Ormuz, un passage vital pour le transport pétrolier.

Un scénario de « chaos total »

Dans une déclaration reprise ce mercredi, Marco Rubio a jugé que la mise en place de péages à Ormuz ne se limiterait pas à cette seule voie d’eau. « Le risque, c’est que cela se propage à d’autres passages maritimes stratégiques », a-t-il affirmé, évoquant la possibilité d’un « chaos total » pour le commerce mondial. Le secrétaire d’État a souligné que les détroits de Malacca, de Bab el-Mandeb ou encore le canal de Panama pourraient être affectés par un précédent créé à Ormuz, menaçant la fluidité des échanges énergétiques et des marchandises.

Cette mise en garde intervient alors que l’Iran a menacé à plusieurs reprises de restreindre le passage dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole brut mondial. Les autorités américaines considèrent toute mesure unilatérale de ce type comme une escalade inacceptable.

Pas d’accord « à n’importe quel prix »

Parallèlement, Marco Rubio a tenu à rassurer les alliés du Golfe sur la position américaine dans les pourparlers avec Téhéran. « Nous ne voulons pas d’accord à n’importe quel prix », a-t-il déclaré, réaffirmant que les États-Unis ne sacrifieraient pas la sécurité de leurs partenaires pour parvenir à une entente. Cette déclaration vise à dissiper les craintes des monarchies arabes, qui redoutent que Washington ne cède sur des points essentiels, notamment en matière de missiles balistiques ou de soutien iranien à des groupes armés.

Le secrétaire d’État a insisté sur le fait que toute négociation devait aboutir à un « accord robuste et vérifiable » garantissant que l’Iran ne puisse pas développer l’arme nucléaire. Il a également promis que les pays du Golfe seraient consultés et informés à chaque étape du processus.

Une coordination renforcée avec les alliés

Au cours de ses entretiens avec les responsables des États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Marco Rubio a mis l’accent sur la nécessité d’une « approche unifiée » face à l’Iran. Il a proposé la mise en place de mécanismes de consultation réguliers, afin que les préoccupations locales soient pleinement prises en compte dans les décisions américaines.

Cette tournée diplomatique, entamée il y a plusieurs jours, intervient dans un contexte de tensions accrues dans la région. Les alliés du Golfe, tout en soutenant les efforts pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, restent méfiants quant aux intentions de Washington et à la crédibilité des engagements pris par Téhéran.

Implications pour le commerce mondial

Les avertissements de Marco Rubio sur les péages à Ormuz trouvent un écho particulier auprès des acteurs économiques. Une perturbation du trafic dans ce détroit aurait des conséquences immédiates sur les prix du pétrole et la sécurité des approvisionnements. Le secrétaire d’État a laissé entendre que les États-Unis pourraient prendre des mesures pour garantir la liberté de navigation, sans toutefois préciser la nature de ces éventuelles actions.

En résumé, la position américaine apparaît à la fois ferme sur les principes — pas de chantage sur les routes maritimes, pas d’accord laxiste — et ouverte à une concertation avec les partenaires régionaux. Reste à savoir si cette double promesse suffira à apaiser les inquiétudes des monarchies du Golfe, tout en ouvrant la voie à une issue diplomatique avec l’Iran.