Le tribunal de Marrakech a prononcé une peine d'un an d'emprisonnement ferme à l'encontre d'une influenceuse française âgée de 30 ans, connue sous le pseudonyme « Yass Naubelle ». La décision, rendue le 23 juin, fait suite à la publication d'une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle elle accusait la police marocaine de corruption.
Dans cette séquence, la jeune femme affirmait notamment que les agents « cherchent à nous gratter de l'argent » lors des contrôles routiers. Elle avait également tenu des propos comparant la conduite des Marocains à celle des Algériens, suscitant une vive polémique. « Je tiens à m'excuser auprès de mon peuple, le peuple algérien. Quand je dis que vous ne savez pas conduire j'ai vu pire que vous. Le peuple marocain, c'est une dinguerie, les gars », avait-elle déclaré dans la vidéo.
Interpellée le 13 juin à l'aéroport de Marrakech alors qu'elle s'apprêtait à embarquer pour la France, elle a été placée en garde à vue avant d'être déférée devant la justice. Les chefs d'accusation retenus contre elle incluent la diffusion d'allégations mensongères portant atteinte à la vie privée ou à la réputation, ainsi que l'outrage à une institution établie par la loi.
Outre la peine privative de liberté, la créatrice de contenu, qui compte environ 20 000 abonnés sur TikTok, a écopé d'une amende d'environ 190 euros. La législation marocaine prévoit des sanctions sévères pour ce type d'infraction.
L'affaire a relancé le débat sur la liberté d'expression dans le pays, alors que plusieurs affaires similaires ont défrayé la chronique ces dernières années. Des voix se sont élevées pour dénoncer une répression judiciaire des critiques adressées aux institutions publiques.