Gabriel Attal a officiellement lancé sa campagne pour l’élection présidentielle de 2027, samedi 30 mai, en réunissant plusieurs milliers de personnes au Parc des Expositions, à Paris. Ce premier meeting intervient un peu plus d’une semaine après l’annonce de sa candidature dans l’Aveyron.
Le secrétaire général de Renaissance a profité de ce rassemblement pour détailler les quatre priorités qu’il entend porter pendant la campagne : « l’école, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle ». La veille, il s’était rendu à Orléans pour échanger avec des élèves suivant une spécialité en intelligence artificielle, illustrant l’un de ses chantiers phares.
Un meeting sous le signe de l’unité… et des absences
Le parti présidentiel a indiqué attendre « plusieurs milliers de personnes » pour cet événement. De nombreux cadres de Renaissance et membres du gouvernement étaient présents, parmi lesquels les députés David Amiel, Éléonore Caroit, Roland Lescure et Stéphanie Rist. Le candidat a ainsi cherché à afficher une image de rassemblement autour de sa personne.
Cependant, plusieurs figures importantes du parti ont fait savoir qu’elles ne participeraient pas au meeting. C’est le cas de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivot, et de l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne, qui a récemment quitté la direction de Renaissance pour fonder son propre mouvement, « Bâtissons ensemble ».
Une stratégie de « campagne permanente »
Gabriel Attal a promis de mener une « campagne permanente » jusqu’au scrutin. Renaissance prévoit notamment le lancement d’une vague d’affichage et de tractage, ainsi que d’une application mobile dédiée à partir du 6 juin. Par ailleurs, une fanzone a été installée dans l’enceinte du meeting pour permettre aux militants de suivre la finale de la Ligue des Champions entre le Paris Saint-Germain et Arsenal, le même soir.
Lors de son déplacement à Orléans, le candidat a insisté sur la nécessité pour le bloc central de constituer une alternative crédible face à ce qu’il qualifie de « tenaille » entre La France insoumise et le Rassemblement national, arrivés en tête dans plusieurs sondages. Il a plaidé pour « un projet d’espoir » porté par « seul l’espace central ».
La prédiction de Sébastien Chenu refait surface
Ce lancement intervient dans un contexte de compétition interne au sein de la majorité. Le député du Nord et vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, avait prédit quelques jours plus tôt que Gabriel Attal « est candidat jusqu’à l’automne, après il s’effacera pour Édouard Philippe ». Ces déclarations, reprises par plusieurs observateurs, soulignent les tensions persistantes entre l’ancien Premier ministre et le maire du Havre, tous deux prétendants déclarés à l’Élysée.
Renaissance prévoit déjà un second meeting pour la rentrée de septembre à Paris, ce qui pourrait permettre à Gabriel Attal de consolider son assise avant les échéances internes du parti. Le candidat devra toutefois composer avec les réserves de certains poids lourds et la perspective d’une primaire au sein du camp présidentiel.
Un calendrier serré pour la majorité
Alors que les sondages placent le Rassemblement national en tête des intentions de vote, suivi d’Édouard Philippe, Gabriel Attal progresse mais reste distancé. Le secrétaire général de Renaissance mise sur une dynamique de terrain et une communication intensive pour inverser la tendance. Le succès de son premier meeting, en termes d’affluence et de couverture, constituera un premier indicateur de sa capacité à fédérer au-delà de son noyau dur.