Une procédure judiciaire vient d'être engagée contre Meta. Vingt-six anciens employés de l'entreprise fondée par Mark Zuckerberg dénoncent le recours à l'intelligence artificielle pour désigner les 8 000 personnes à licencier lors des vagues de suppressions de postes. Selon les plaignants, le système algorithmique aurait discriminé les travailleurs ayant bénéficié de congés, qu'ils soient parentaux, médicaux ou militaires.
Cette affaire judiciaire s'inscrit dans un contexte plus large de malaise interne chez Meta, où l'obsession pour l'intelligence artificielle pèse sur les équipes. Parallèlement, la pression des investisseurs s'accentue : le retard accumulé par Meta dans le domaine de l'IA oblige Mark Zuckerberg à multiplier les paris technologiques. Certains analystes estiment que « les investisseurs ont le sentiment que Meta se cherche », fragilisant la confiance dans la stratégie du groupe.
Des accusations de discrimination algorithmique
Les vingt-six salariés à l'origine de la plainte affirment que Meta a utilisé un outil d'IA pour évaluer et classer les employés en vue des licenciements. Le processus aurait pénalisé ceux qui s'étaient absentés pour des raisons familiales, médicales ou pour servir dans l'armée. Les plaignants dénoncent une sélection automatisée qui manque de transparence et qui ignore les circonstances individuelles.
Cette affaire pourrait constituer un précédent juridique aux États-Unis sur l'utilisation de l'intelligence artificielle dans les décisions de ressources humaines. Plusieurs experts interrogés jugent que les outils algorithmiques, bien que présentés comme neutres, reproduisent souvent les biais des données sur lesquelles ils sont entraînés ou les préférences implicites des concepteurs.
Un contexte de tensions internes
Les licenciements massifs chez Meta, annoncés en plusieurs phases, avaient déjà provoqué un profond malaise parmi les collaborateurs. La priorité affichée par la direction pour l'intelligence artificielle, au détriment d'autres projets, a renforcé le sentiment d'insécurité. Des témoignages internes évoquent une culture où l'IA est à la fois considérée comme l'avenir de l'entreprise et comme une menace pour l'emploi.
Mark Zuckerberg a récemment multiplié les annonces pour tenter de convaincre les marchés de la capacité de Meta à rattraper son retard dans l'IA générative, face à des concurrents comme OpenAI ou Google. Ces efforts n'ont pas suffi à dissiper les doutes des investisseurs, qui observent avec inquiétude les fluctuations du cours de l'action.
Réactions et suites judiciaires
Meta n'a pas encore commenté publiquement les accusations portées par les vingt-six plaignants. L'entreprise dispose de plusieurs semaines pour répondre à la plainte déposée devant un tribunal californien. Les avocats des demandeurs espèrent que cette action conduira à une révision des pratiques de sélection du personnel chez Meta et, plus largement, dans l'ensemble du secteur technologique.
L'affaire relance le débat sur la régulation de l'intelligence artificielle dans le monde du travail. Aux États-Unis, plusieurs projets de loi visent à encadrer l'utilisation des algorithmes dans les décisions d'embauche et de licenciement, mais aucun texte fédéral n'est encore en vigueur.