Meta a procédé au retrait d’un module de reconnaissance faciale dissimulé au sein de l’application Meta AI, selon des informations concordantes. Ce module, développé en partenariat avec l’entreprise Rank One, était intégré aux lunettes connectées Meta Ray-Ban et permettait d’identifier des personnes en temps réel, une capacité que la société n’avait pas rendue publique.
Une fonctionnalité discrète découverte par des experts
Des spécialistes en sécurité ont mis au jour, ces derniers jours, la présence d’un code dédié à la reconnaissance faciale dans l’application mobile Meta AI. Baptisé « NameTag » en interne, ce module était conçu pour croiser les images capturées par les lunettes avec une base de données de visages, permettant ainsi d’afficher le nom et les informations publiques des personnes filmées. La fonctionnalité n’était pas mentionnée dans les documents promotionnels du produit ni dans les conditions d’utilisation diffusées au public.
L’existence de ce module a été confirmée par plusieurs sources techniques, qui ont identifié des appels à l’API de Rank One, une société spécialisée dans la reconnaissance faciale. Meta n’a pas communiqué officiellement sur les raisons de cette intégration discrète, ni sur les données collectées durant la phase de test.
Un retrait intervenu après des questions des autorités
Face aux interrogations soulevées par cette découverte, Meta a choisi de supprimer le module NameTag de l’application Meta AI. Ce retrait a été constaté dans la version la plus récente de l’application, sans annonce préalable. La firme n’a pas précisé si des données avaient été collectées ni si elles avaient été utilisées pour entraîner des algorithmes.
Plusieurs associations de défense des libertés numériques ont réagi en dénonçant ce qu’elles qualifient de « surveillance de masse » potentielle. Elles estiment que cette technologie, déployée sans information des utilisateurs, pourrait violer les réglementations européennes et américaines sur la protection des données personnelles.
Des implications réglementaires importantes
L’affaire intervient dans un contexte de durcissement des règles encadrant l’intelligence artificielle et la biométrie. En Europe, le règlement général sur la protection des données (RGPD) impose un consentement explicite pour toute collecte de données biométriques, tandis que l’Union européenne finalise un cadre législatif spécifique sur l’IA (AI Act) qui encadre strictement l’usage de la reconnaissance faciale dans les espaces publics.
Aux États-Unis, plusieurs États ont adopté des lois limitant l’utilisation de cette technologie. Meta, qui avait déjà été condamnée par le passé pour des pratiques similaires (notamment avec son réseau social Facebook aux États-Unis pour l’utilisation de la reconnaissance faciale sans consentement), pourrait faire face à des recours.
Un précédent pour les lunettes connectées
Ce cas constitue un signal d’alerte pour l’industrie des wearables, où les lunettes connectées sont de plus en plus équipées de caméras et de capteurs. Les experts en cybersécurité appellent à une transparence accrue de la part des fabricants sur les capacités réelles de ces appareils. Meta, de son côté, n’a pas indiqué si elle prévoyait de réintroduire cette fonctionnalité sous une forme modifiée ou si elle abandonnait définitivement le projet NameTag.