La découverte du corps de Lyhanna, une collégienne disparue dans le Gers, a ravivé des souvenirs douloureux pour Jennifer de Araujo. La mère de Maëlys, enlevée et tuée à l’âge de 8 ans par Nordahl Lelandais en août 2017, a livré un témoignage empreint de colère et d’émotion.

« L’enfant qui monte dans une voiture, l’exploitation de la vidéosurveillance pour retrouver sa trace… L’histoire de Lyhanna m’a tout de suite fait penser à Maëlys. Le pire pour nous fut les mois d’attente », a-t-elle confié. Maëlys avait disparu lors d’une nuit d’août 2017 ; son corps en partie avait été retrouvé dans le massif de la Chartreuse en février suivant.

Au-delà de la compassion pour les proches de Lyhanna, Jennifer de Araujo exprime une indignation profonde face aux failles qu’elle estime récurrentes dans le traitement judiciaire des affaires concernant des enfants. Elle s’interroge notamment sur la manière dont les signalements sont pris en compte : « Quand un enfant parle, et a fortiori dépose plainte. Il faut l’écouter. »

Pour elle, plusieurs drames récents illustrent les mêmes carences : « Maëlys, Lola, Lyhanna… Autant d’exemples qui démontrent qu’il faut des morts pour que la justice se réveille. »

Dans l’affaire Lyhanna, le principal suspect, Jérome Barella, a été placé en détention provisoire. Cinq ans plus tôt, il avait été licencié de son poste au lycée de Lectoure (Gers) après une procédure disciplinaire liée au signalement d’un comportement inapproprié envers une lycéenne, selon la Région. L’homme de 41 ans avait également fait l’objet d’une plainte pour viol en 2022.

La mère de Maëlys pointe également un manque chronique de moyens humains dans les services d’enquête et de justice. Elle rappelle que dans le dossier Nordahl Lelandais, certaines investigations n’avaient pas été menées assez rapidement. « Il n’y a peut-être pas suffisamment de personnels policiers et judiciaires… Cela est absurde ! Dans ce cas, il faut embaucher ! Si l’autre avait été arrêté encore plus tôt, Maëlys serait encore là », a-t-elle déclaré.

« Je tiens à rappeler que si les droits de la défense existent, le droit des enfants à vivre en sécurité aussi », a ajouté Jennifer de Araujo, appelant à un sursaut collectif pour mieux protéger les plus jeunes.

Les circonstances exactes du décès de Lyhanna font toujours l’objet de l’enquête. Une marche blanche est prévue en hommage à l’adolescente.