À dix jours du coup d'envoi de la Coupe du monde 2026, la capitale mexicaine a été le théâtre d'un affrontement entre la police et des enseignants en colère. Des agents ont lancé des grenades lacrymogènes pour empêcher les manifestants d'atteindre la place du Zócalo, où se prépare la zone dédiée aux supporters, a-t-on appris sur place.
Des barrières métalliques prises d'assaut
L'incident s'est produit lorsque des enseignants ont franchi l'une des grilles métalliques installées à l'entrée du Zócalo, à quelques pas du palais du gouvernement et d'un écran géant destiné à retransmettre le premier match de l'équipe du Mexique, le 11 juin. Plusieurs centaines de policiers antiémeutes, postés derrière de hautes barricades temporaires, protégeaient la place.
Un manifestant a été blessé à la tête par un projectile non identifié et a été évacué, le visage en sang, selon des témoins sur place.
Des revendications salariales et des retraites en jeu
La manifestation a été convoquée par une branche dissidente du syndicat des enseignants (CNTE). Les professeurs réclament des augmentations de salaire et l'abrogation des lois sur les retraites qu'ils jugent défavorables. « Cet événement devra être suspendu », a déclaré Filiberto Frausto, leader syndical, en référence aux festivités du Mondial. « Une cause comme la nôtre devrait être placée bien au-dessus — elle est bien plus importante qu'un peu de distraction et de divertissement », a-t-il ajouté.
Une menace de mobilisation massive pendant la compétition
La faction dissidente a prévenu qu'elle pourrait appeler des « millions » d'enseignants à converger vers la capitale pendant toute la durée du Mondial si les autorités ne répondent pas à leurs exigences. Cette menace plane sur un événement que le Mexique co-organise avec les États-Unis et le Canada, et pour lequel des centaines de milliers de visiteurs sont attendus.
La « Fan fest » du Zócalo, qui doit accueillir les supporteurs sans billet pour suivre les matchs sur écran géant, est l'un des dispositifs majeurs de l'organisation. Son maintien pourrait être compromis en cas de mobilisation prolongée.
Un contexte social tendu
Le mouvement des enseignants, traditionnellement influent au Mexique, a déjà perturbé par le passé des événements internationaux. Alors que le pays s'apprête à recevoir des foules venues du monde entier, le gouvernement fait face à un test de taille : concilier la tenue d'une compétition sportive planétaire avec la résolution de conflits sociaux profondément ancrés.
Les autorités n'ont pas encore officiellement réagi aux menaces de la branche dissidente du CNTE. Les négociations sur les salaires et les retraites, au cœur du mouvement, restent bloquées à ce stade.