Après des semaines de spéculations croissantes sur son état de santé, le sénateur Mitch McConnell a finalement brisé le silence, dimanche 12 juillet, en révélant que son hospitalisation prolongée était due à une chute ayant entraîné une perte de connaissance, suivie d'une « légère pneumonie ». Dans un communiqué officiel accompagné d'une photographie le montrant aux côtés de son épouse, Elaine Chao, tenant un exemplaire daté du Washington Post, le chef de file républicain au Sénat a assuré qu'il se rétablissait dans un centre de réadaptation, sans donner de date précise pour son retour au Capitole.

« Mes médecins ont confirmé que je n'ai ni fracture osseuse ni commotion cérébrale. Je n'ai pas fait de crise cardiaque ni d'accident vasculaire cérébral. Je n'ai ni tumeur ni hémorragie », a déclaré le sénateur, qui a également précisé avoir été « brièvement inconscient » au moment de la chute, survenue le 14 juin. Il a ajouté qu'il suivait un programme de rééducation pour retrouver ses forces, mais que, « sur l'avis de mes médecins, je ne pourrai pas retourner au Sénat pour voter tout de suite ».

Cette prise de parole intervient après que son bureau s'était contenté de très rares communiqués laconiques – se bornant à indiquer qu'il « continuait de se rétablir » – alimentant une multitude de rumeurs en ligne et dans les couloirs de Washington. Le silence prolongé avait poussé le gouverneur démocrate du Kentucky, Andy Beshear, à adresser la semaine précédente une lettre publique au sénateur lui demandant une mise au point « transparente » sur son état de santé. Beshear avait jugé « extraordinaire » l'absence d'information sur le sort d'un élu fédéral de premier plan, déclenchant un débat sur la nécessité d'une communication plus ouverte des parlementaires malades.

L'absence de McConnell intervient dans un contexte politique déjà tendu pour la majorité républicaine au Sénat. La chambre haute ne compte plus que 51 républicains contre 47 démocrates, et la disparition simultanée du sénateur républicain de Caroline du Sud, Lindsey Graham, annoncée le même week-end, réduit encore cette avance. La coalition dirigeante doit ainsi composer avec deux sièges vacants, ce qui pourrait compliquer l'adoption de textes sensibles – notamment le renforcement des crédits militaires et la confirmation des nominations souhaitées par le président Donald Trump. Le parti a déjà désigné le représentant Andy Barr pour succéder à McConnell lorsque celui-ci prendra sa retraite, prévue fin janvier.

Au-delà des conséquences politiques immédiates, la divulgation de ces informations médicales clôt – au moins provisoirement – une période d'incertitude qui avait vu les théories les plus diverses prospérer sur les réseaux sociaux. Dans son communiqué, l'ancien leader de la majorité a justifié sa discrétion par une pudeur générationnelle : « Les gens de ma génération hésitent souvent à partager la vulnérabilité qui accompagne le vieillissement. Même sous les feux de la rampe, je ressens ce même instinct, je ne peux pas m'en empêcher. » Il a également mentionné les séquelles de la polio contractée dans son enfance, affirmant que ses problèmes de mobilité « ne sont pas devenus plus faciles à gérer avec l'âge ».

Reste à savoir combien de temps durera sa convalescence. McConnell n'a pas précisé la durée de son séjour en centre de réadaptation, ni s'il pourrait être en mesure de reprendre ses fonctions avant la fin de la session parlementaire. Son absence pèse déjà sur les travaux du Sénat, où plusieurs votes décisifs sont attendus dans les semaines à venir.