Sur la pelouse du BC Place de Vancouver, l’Algérie et la Suisse s’affrontent ce vendredi en seizième de finale de la Coupe du monde 2026. Derrière l’enjeu sportif, ce match revêt une dimension particulière pour Vladimir Petkovic, le sélectionneur des Fennecs. Naturalisé suisse et né en Bosnie-Herzégovine, le technicien de 62 ans dirigea la Nati de 2014 à 2021, un mandat marqué par plusieurs exploits dont l’élimination de la France en huitième de finale de l’Euro 2020.

« Je connais bien cet effectif », a-t-il déclaré après le match nul arraché face à l’Autriche (3-3), qui a offert à l’Algérie la deuxième qualification de son histoire pour la phase à élimination directe d’un Mondial. Il a ajouté : « La Suisse est une très bonne équipe, une sélection expérimentée qui participe régulièrement aux grandes compétitions européennes et mondiales. Je sais parfaitement quelle est sa philosophie de jeu. »

Petkovic a bâti une partie de sa carrière en Suisse. Arrivé en 1987 comme joueur yougoslave, il a posé ses valises dans le pays et y a entamé une carrière d’entraîneur dès 1997. C’est là qu’il a acquis la nationalité suisse. À la tête de l’équipe nationale helvétique, il a atteint les huitièmes de finale de l’Euro 2016 et du Mondial 2018, avant de porter la Nati en quarts de l’Euro 2020, éliminée par l’Espagne aux tirs au but.

Un passé suisse qui pèse sur le présent algérien

Depuis sa nomination à la tête des Fennecs début 2024, Petkovic s’efforce d’imposer un style fait de rigueur et de flexibilité tactique, des qualités qu’il avait déjà inculquées à la Suisse. La presse francophone lui prête le surnom de « Docteur », en référence à sa réputation de tacticien méthodique. Avec l’Algérie, il a bâti une équipe solide sur le plan collectif, capable de retournements de situation comme l’a montré le match nul contre l’Autriche.

Interrogé sur son ancienne formation, Petkovic n’a pas cherché à minimiser l’émotion. « Même s’il y a quelques nouveaux visages, plusieurs joueurs ont évolué avec moi », a-t-il confié, tout en réaffirmant sa loyauté envers son équipe actuelle. Les joueurs algériens, de leur côté, savent que l’entraîneur sera particulièrement scruté. Les supporters voient dans ce duel un test grandeur nature pour la progression du football algérien sur la scène internationale.

Un enjeu footballistique et symbolique

Au-delà de l’aspect personnel, la rencontre oppose deux équipes aux ambitions divergentes. La Suisse, régulière dans les grands tournois, veut confirmer sa place parmi les nations européennes de premier plan. L’Algérie, portée par une génération talentueuse, entend poursuivre sa montée en puissance après des années de reconstruction. Le vainqueur de ce match se hissera en huitième de finale, une étape que l’Algérie n’a franchie qu’une seule fois, en 2014.

Le coup d’envoi est prévu à 5 heures du matin, heure française. La confrontation entre l’élève et le maître – ou plus exactement entre le maître et son ancienne équipe – promet une intensité rare. Mais Petkovic l’a rappelé : il n’y aura pas de sentimentalisme sur le terrain. « La Suisse n’a pas fait de sentiment », résume sobrement l’entraîneur, dans une formule qui pourrait aussi s’appliquer à sa propre approche.