Le père de Louis, l'adolescent de 17 ans tué lors d'un lynchage à Narbonne dans la nuit du 24 au 25 juin, a livré un témoignage empreint d'émotion et de colère. Dans plusieurs séquences vidéo, il décrit les circonstances du drame, évoque les failles qui ont précédé l'agression et lance un appel au calme face aux tentatives de récupération politique.

« C'était un guet-apens », affirme-t-il, reprenant la qualification qui a émergé dès l'ouverture de l'enquête. Selon ses déclarations, son fils aurait été attiré dans un piège avant d'être roué de coups. Cinq personnes ont été mises en examen pour tentative d'assassinat, et plusieurs vidéos de la scène circulent sur les réseaux sociaux. Le père, lui, a choisi de ne pas les regarder : « Je n'ai jamais vu les vidéos, je ne les regarderai jamais », assure-t-il, confiant ne pas supporter l'idée de voir son fils souffrir.

Un sentiment d'abandon

Au-delà de la violence de l'acte, le père de Louis exprime un profond sentiment d'abandon. Il confie que personne n'a averti la famille des menaces qui pesaient sur l'adolescent. « Personne n'a alerté les parents des violences que subissait Louis », regrette-t-il, suggérant que son fils était harcelé ou ciblé depuis plusieurs jours. Une information corroborée par des proches qui avaient déjà évoqué des agressions antérieures.

Interrogé sur le placement de Louis à l'Aide sociale à l'enfance (ASE), une décision prise après que les parents ont rencontré des difficultés éducatives, le père explique qu'il a cherché de l'aide sans succès. « Il fallait bien que je trouve une solution, j'ai demandé de l'aide à tout le monde », se justifie-t-il, laissant entendre que les institutions n'ont pas répondu à ses appels. Ce contexte familial a été utilisé par certains pour politiser le drame, une instrumentalisation que la famille rejette fermement.

Refus de toute récupération

Les parents de Louis avaient déjà, dans un communiqué transmis par leur avocat, mis en garde contre toute tentative de détournement de la mort de leur fils à des fins politiques. Une marche blanche organisée le 28 juin à Narbonne s'est déroulée sous tension, la veille de la diffusion de ces nouvelles déclarations du père. Ce dernier réitère sa volonté que ce deuil reste privé et ne soit pas exploité par quelque camp que ce soit.

Le père de Louis conclut sur une question restée sans réponse : « Pourquoi tant de haine ? » Une interrogation qui traduit l'incompréhension d'une famille face à un drame qui a ému le pays tout entier et relancé le débat sur la violence chez les mineurs et le rôle des services sociaux.