La mère de Louis, adolescent de 17 ans tué lors d'un guet-apens à Narbonne, a brisé le silence ce week-end pour livrer un témoignage empreint de douleur et de colère. Interrogée par un hebdomadaire, elle a affirmé que le temps n'était pas au deuil, mais à la « guerre », promettant de se battre pour que justice soit rendue et que les textes encadrant la justice des mineurs soient modifiés.

« Ce n'est pas le temps du deuil, c'est le temps de la guerre. Il est hors de question qu'un autre cœur de maman ou de papa soit brisé comme le nôtre », a-t-elle déclaré, ajoutant qu'elle était « enragée comme jamais ». Elle a décrit son fils, surnommé « Loulou », comme un jeune homme « d'une intelligence extrême », créatif, sensible à l'injustice et protecteur envers les plus vulnérables. Atteint d'un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) depuis l'âge de 6 ans, Louis luttait pour trouver sa place malgré sa différence, a-t-elle expliqué.

Selon elle, le drame aurait pu être évité si les alertes avaient été prises au sérieux. L'adolescent avait déjà été agressé en mai et en juin. Un rendez-vous avait été pris le 16 juin pour qu'il puisse porter plainte, mais sa fugue n'a pas permis de l'accompagner. La mère de Louis a pointé du doigt l'Aide sociale à l'enfance (ASE), qui serait restée silencieuse face au danger encouru par son fils.

Des réactions politiques sur la justice des mineurs

Dans le même temps, la ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a estimé qu'il n'y avait « pas de raison que quand on tue comme un adulte, on ne soit pas jugé comme un adulte ». Invitée d'une émission politique diffusée dimanche, elle a soutenu une ligne plus ferme à l'égard des mineurs auteurs de crimes violents. Cette prise de position fait écho aux propos de la mère de la victime, qui a lancé : « Quand on tue comme un homme, on paie comme un homme. »

La mère de Louis a également dénoncé des « textes d'un autre temps » qui ne permettraient pas de juger des adolescents qu'elle juge plus matures que par le passé. « Donnons les moyens à la justice de faire son travail », a-t-elle insisté, réclamant une révision des lois sur la minorité pénale. Elle a aussi fustigé le manque de prise en charge adaptée pour son fils, confié à un Institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP) à 7 ans, mais dont les troubles se sont aggravés faute de réévaluations médicales suffisantes.

Un dossier judiciaire toujours en instruction

Cinq personnes ont été mises en examen pour « tentative d'assassinat » après la mort de Louis, survenue le 24 juin à Narbonne. L'enquête doit encore déterminer les circonstances exactes du guet-apens et le rôle de chacun des suspects. Plusieurs d'entre eux étaient connus des services sociaux et certains côtoyaient la victime dans le cadre de l'aide à l'enfance. La famille de l'adolescent espère que les investigations permettront de faire la lumière sur les faits et d'établir les responsabilités pénales.