Un calendrier désormais connu
La motion de censure déposée contre le gouvernement de Sébastien Lecornu sera examinée lundi prochain à partir de 14 heures, a annoncé la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Cette initiative parlementaire, portée par le groupe Écologiste, a reçu le soutien des députés de La France insoumise, permettant d’atteindre le seuil des 58 signatures nécessaire à son dépôt.
Les élus écologistes justifient cette procédure par ce qu’ils qualifient d’« impréparation de l’État » face à la canicule qui frappe le pays et à celle qui est annoncée. La présidente du groupe, Cyrielle Chatelain, est à l’origine de cette motion, qui fait suite à un échange tendu avec le Premier ministre mardi dans l’hémicycle.
Des positions partagées à gauche et à droite
Pour que le texte soit adopté, il doit recueillir la majorité absolue des voix des députés, soit 289 suffrages. En l’état, le camp présidentiel et ses alliés ne devraient pas voter la censure, ce qui place les groupes d’opposition non-insoumis et non-écologistes en position de faiseurs de rois.
Le Parti socialiste n’a pas encore donné de consigne de vote. Plusieurs députés PS ont exprimé des réserves, estimant qu’une censure en période de crises climatique, budgétaire et internationale serait contre-productive. Une décision interne est attendue en début de semaine prochaine.
De son côté, le Rassemblement national a clairement indiqué qu’il ne soutiendrait pas la motion. Le vice-président du parti, Sébastien Chenu, a déclaré que les écologistes faisaient « beaucoup de bruit pour masquer la faiblesse de leurs propositions face au dérèglement climatique ». Il a ajouté que le véritable enjeu serait le budget de la rentrée, « motion de censure ou pas ».
La réaction de l’exécutif
Le gouvernement a réagi en dénonçant une « crise entretenue » par des forces politiques qui, selon la porte-parole, préfèrent l’obstruction à l’action. L’exécutif rappelle les mesures déjà engagées face à la canicule, notamment la commande de milliers de climatiseurs pour les hôpitaux, dont les premières livraisons sont annoncées pour la fin de semaine.
Des chances d’aboutir quasi nulles ?
En l’absence de ralliement des socialistes et avec l’opposition frontale du RN, la motion de censure semble peu susceptible d’être adoptée. Cependant, le texte offre à ses promoteurs une tribune pour critiquer la gestion gouvernementale de la crise climatique et relancer le débat sur la préparation de l’État face aux événements météorologiques extrêmes.