Le département de la Justice des États-Unis a annoncé l’inculpation de deux virologues pour avoir tenté d’importer illégalement le virus mpox (anciennement monkeypox) depuis la République du Congo. Les faits remontent à janvier dernier, lorsque les deux chercheurs ont été interceptés à l’aéroport international de Détroit, à leur retour de Brazzaville.

Saisie de 113 fioles Lors du contrôle douanier, les agents ont découvert dans leurs bagages 113 fioles contenant un liquide biologique. Selon les autorités, vingt de ces échantillons ont été envoyés au laboratoire du FBI pour analyse. Les résultats ont révélé que dix-sept d’entre eux renfermaient le virus mpox, bien que ce dernier ait été désactivé. Les trois autres fioles testées ne contenaient pas de matière infectieuse.

Poursuites pénales graves Les deux virologues font face à des accusations de contrebande et de non-déclaration de substances biologiques dangereuses. Le virus mpox est classé comme agent de catégorie A par les autorités sanitaires américaines, ce qui implique des restrictions très strictes en matière de transport et de manipulation. Les inculpés encourent jusqu’à vingt ans de prison pour avoir enfreint ces réglementations.

Absence d’autorisation Les enquêteurs ont établi que les chercheurs ne disposaient d’aucun permis délivré par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ni par le département de l’Agriculture des États-Unis pour importer ce pathogène. Le fait de transporter de telles substances sans déclaration préalable constitue un délit fédéral, quelle que soit l’intention scientifique des intéressés.

Un virus très surveillé Le mpox, qui a provoqué une épidémie mondiale en 2022-2023, reste un sujet de préoccupation pour les autorités sanitaires. Bien que les fioles saisies contiennent un virus désactivé — et donc non contagieux —, l’affaire soulève la question des protocoles de biosécurité dans le cadre de la recherche internationale. Les virologues travaillaient probablement sur des études comparatives des souches africaines, mais leur démarche n’a pas suivi les circuits légaux.

Procédure judiciaire en cours Les deux scientifiques ont été arrêtés immédiatement après la découverte des fioles, puis remis en liberté sous caution. Leur procès devrait s’ouvrir dans les mois à venir devant un tribunal fédéral du Michigan. L’affaire est suivie de près par les milieux académiques, car elle pourrait avoir un impact sur les collaborations scientifiques entre les États-Unis et les pays africains, en particulier dans le domaine de la virologie.

Réactions et implications Des experts en droit de la santé rappellent que la réglementation américaine sur l’importation d’agents pathogènes est parmi les plus strictes au monde, afin d’éviter tout risque de dissémination accidentelle ou de bioterrorisme. Cette affaire illustre les tensions entre la nécessité de la recherche scientifique et le respect des normes de sécurité biologique. Les autorités congolaises n’ont pas encore commenté cette affaire, mais il est probable qu’elles seront consultées dans le cadre de l’enquête.