La France traverse actuellement sa deuxième vague de chaleur intense en moins d'un mois, avec des températures dépassant les 30 degrés et la vigilance orange déclenchée dans 53 départements. Cette situation, qui conduit plusieurs écoles à fermer ou la SNCF à supprimer des trains Intercités au départ de Paris en raison de risques de pannes de climatisation, illustre un phénomène désormais récurrent.
Un choc économique structurel
Les économistes d'Allianz Trade qualifient la chaleur extrême de « risque économique structurel », soulignant que l'Europe est particulièrement exposée. Selon leurs calculs, fondés sur la reproduction des cinq années les plus chaudes observées entre 2014 et 2024, la croissance des grands pays européens pourrait être amputée de 5 à 7 % entre 2026 et 2030. Pour la France, les pertes cumulées atteindraient 240 milliards de dollars, soit environ 210 milliards d'euros. À titre de comparaison, l'Italie perdrait 147 milliards de dollars, l'Allemagne 131 milliards et l'Espagne 120 milliards.
Productivité, secteurs à l'arrêt et coûts énergétiques
L'étude d'Allianz Trade identifie un seuil de 30 degrés à partir duquel les baisses de productivité s'intensifient. Une journée de forte chaleur équivaut à une demi-journée de grève pour l'économie française, selon ces mêmes travaux. Au-delà de la productivité, c'est l'ensemble des secteurs qui subissent des perturbations : écoles fermées, transports limités, activités extérieures ralenties. Par ailleurs, l'assureur AXA Climate estime que la hausse progressive des températures modifiera durablement les rythmes de travail et les coûts énergétiques à supporter.
Un impact massif sur les finances publiques
Au-delà des pertes de PIB, ces vagues de chaleur se répercutent sur le budget de l'État via la baisse des recettes fiscales et l'augmentation des dépenses liées aux systèmes de refroidissement, à la santé ou aux aides aux secteurs sinistrés. La facture pourrait ainsi s'alourdir pour les finances publiques, déjà sous tension alors que le gouvernement cherche à réduire le déficit.
Des adaptations nécessaires
Face à ces projections, les entreprises et les pouvoirs publics sont confrontés à la nécessité d'adapter les organisations et les infrastructures. Certaines mesures commencent à être prises, comme les ajustements horaires dans les chantiers ou la révision des plans de transport. Mais selon les assureurs et les économistes, les efforts devront être amplifiés pour limiter l'impact d'un phénomène appelé à se répéter.