Les inquiétudes des alliés européens se sont concrétisées mercredi à Ankara. Alors que les dirigeants du continent tentaient de conjurer depuis la veille le spectre d'un désengagement américain, le président Donald Trump a prononcé un discours offensif devant l'Alliance atlantique, annonçant la rupture du cessez-le-feu avec l'Iran, renouvelant ses critiques contre l'Otan et réaffirmant ses ambitions sur le Groenland.
« C'est terminé » avec l'Iran
Le locataire de la Maison-Blanche a mis un terme à l'accalmie diplomatique avec Téhéran. « En ce qui me concerne, c'est terminé », a-t-il déclaré, qualifiant les autorités iraniennes de « menteurs » et jugeant « simplement une perte de temps de négocier avec eux ». Il a décrit l'Iran comme un pays « malade ». Selon le président américain, les frappes ont repris ces dernières heures : des tirs iraniens ont visé des positions américaines au Koweït et à Bahreïn, tandis que les forces américaines ont riposté en touchant plus de quatre-vingts cibles en Iran.
Groenland : une frustration persistante
Donald Trump a également exprimé son mécontentement quant à l'absence d'avancée sur le dossier groenlandais. « Le Groenland est très important pour les États-Unis, mais n'est pas important pour le Danemark » a-t-il affirmé, ajoutant que ce territoire constitue un « grand problème ». Il a reproché à l'Otan de s'être opposée à son projet d'acquisition, rappelant que Washington avait protégé l'île durant la Seconde Guerre mondiale après l'invasion nazie du Danemark, avant de la « rendre sottement ». « Nous en avons besoin pour la protection du monde, pas uniquement des États-Unis », a-t-il soutenu.
Une colère ouverte contre l'Alliance
Le président américain n'a pas caché son irritation vis-à-vis de l'organisation transatlantique. « Je suis très en colère contre l'Otan », a-t-il déclaré, pointant du doigt l'absence de soutien américain face à ce qu'il qualifie de « principal État qui soutient le terrorisme, à savoir l'Iran ». Il a également lié sa colère à l'opposition rencontrée sur le Groenland. Ces propos interviennent alors que les chefs d'État et de gouvernement européens, réunis depuis la veille à Ankara, tentaient d'obtenir des garanties sur le maintien de l'engagement militaire américain en Europe.
Des craintes européennes amplifiées
Le ton du président américain conforte les appréhensions des partenaires du Vieux Continent, qui redoutent un retrait progressif des États-Unis du parapluie sécuritaire européen. Les échanges bilatéraux se poursuivent en marge du sommet : Donald Trump doit notamment rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour évoquer la guerre en Ukraine. Mais le discours musclé tenu mercredi matin risque de compliquer les efforts de conciliation déployés par les Européens, qui espéraient arracher des engagements fermes sur la défense collective.