Les autorités nigérianes ont annoncé, vendredi 10 juillet, la libération de 46 élèves et membres du personnel enseignant qui avaient été kidnappés deux mois plus tôt dans l'État d'Oyo, dans le sud-ouest du pays. L'opération, menée par l'armée, a permis de mettre fin à une captivité qui durait depuis le 15 mai.

Ce jour-là, des hommes armés avaient attaqué deux écoles primaires et un établissement secondaire dans la localité d'Orire. Le bilan officiel faisait état de 46 personnes enlevées, parmi lesquelles le plus jeune enfant était âgé de deux ans et le plus âgé de seize ans. L'un des enseignants avait été tué peu après l'enlèvement. Le gouvernement a imputé ces rapts au groupe djihadiste Boko Haram.

Réaction de la présidence

Le président Bola Tinubu s'est dit « profondément heureux » que les services de sécurité aient réussi à libérer les otages au bout de 56 jours de détention. Dans un communiqué, il a exprimé sa gratitude envers les personnels des forces armées, des agences de renseignement et de la police. « Cette opération militaire réussie a mis fin au siège et à la situation de blocage qui durait depuis plus de cinquante jours, et a apporté un soulagement à l'ensemble de la nation et aux familles concernées en particulier », a-t-il déclaré.

Le porte-parole de la présidence, Bayo Onanuga, a précisé que « aucun échange de bonne volonté » n'avait eu lieu lors de la libération, suggérant qu'aucune rançon n'a été versée. Il n'a pas donné de détails sur le déroulement exact de l'opération.

Bilan des assaillants

Selon les informations fournies par le chef de l'État, huit des ravisseurs ont été arrêtés et un nombre non précisé d'autres ont été tués. Le ministre de la Défense, Christopher Musa, avait indiqué plus tôt dans la semaine que les assaillants prévoyaient d'utiliser les otages comme monnaie d'échange pour obtenir la libération de certains de leurs commandants incarcérés.

Un phénomène qui s'étend

Les enlèvements dans les écoles sont devenus récurrents au Nigeria, où des groupes armés et des gangs cherchent à obtenir d'importantes rançons auprès des familles et des pouvoirs publics. En 2024, les ravisseurs auraient ainsi empoché plus de 1,6 million de dollars de rançons, selon des estimations de SBM Intelligence. Jusqu'à présent, la majorité de ces attaques se produisaient dans le nord du pays. L'attaque dans le sud-ouest a suscité des inquiétudes quant à une possible extension de la crise sécuritaire.

L'enlèvement le plus médiatisé reste celui de 276 lycéennes enlevées par Boko Haram à Chibok, dans le nord-est du pays, en avril 2014. Une centaine d'entre elles sont toujours portées disparues.

Des progrès dans la lutte antiterroriste

Cette libération intervient alors que le Nigeria revendique des avancées dans sa lutte contre les groupes djihadistes. Les forces de sécurité ont multiplié les opérations dans le nord-est du pays, mais la recrudescence d'enlèvements dans des zones jusqu'alors relativement épargnées soulève des questions sur la capacité du gouvernement à protéger l'ensemble du territoire.

Les autorités locales de l'État d'Oyo ont confirmé qu'un enseignant avait perdu la vie pendant sa captivité, sans fournir davantage de détails sur les circonstances de son décès.