L'enquête menée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a abouti à une sanction de 35 millions d'euros à l'encontre de Nintendo of Europe. Le constructeur japonais a accepté ce montant dans le cadre d'une transaction pénale, selon une annonce de l'administration datée du 8 juin 2026.

Le dossier porte sur un défaut récurrent des manettes Joy-Con de la première console Switch, connu sous le nom de « Joy-Con drift ». Ce phénomène se manifeste par un déplacement involontaire des personnages à l'écran, des perturbations des commandes ou une difficulté d'utilisation de la manette. Mais le reproche principal de la DGCCRF ne concerne pas seulement le problème technique : l'administration estime que Nintendo n'a pas informé les consommateurs de manière suffisamment claire et rapide.

Une information jugée tardive et parcellaire

Selon la DGCCRF, Nintendo n'aurait réellement communiqué sur ces dysfonctionnements qu'à partir de 2020, alors que les Joy-Con étaient concernés depuis plusieurs années. L'enquête considère que cette communication « tardive et parcellaire » a pu dissuader des joueurs de contacter le service après-vente, voire les pousser à racheter de nouvelles manettes.

Des sources concordantes indiquent que la plainte initiale a été déposée par l'UFC-Que Choisir en 2020. L'enquête a ensuite été transmise au procureur de la République de Nanterre en 2025, avant que la transaction ne soit finalisée.

Des antécédents de réparation gratuite

Nintendo s'était déjà engagé en 2023, à l'échelle européenne, à réparer gratuitement les Joy-Con présentant ce défaut, même en dehors de la période de garantie légale. Cette mesure n'a pas suffi à éviter la sanction administrative, le dossier ayant pris une ampleur différente avec la décision de la DGCCRF.

L'accord prévoit également la publication d'un communiqué sur la page d'accueil du site français de Nintendo, sans autre précision sur le contenu ou la durée de cette publication.

Un silence prolongé qui pèse lourd

Le montant de 35 millions d'euros représente l'une des plus lourdes sanctions pour pratique commerciale trompeuse dans le secteur du jeu vidéo en France. L'affaire illustre l'importance pour les fabricants de signaler rapidement les défauts susceptibles d'affecter l'usage de leurs produits, sous peine de lourdes conséquences financières.

L'enquête a mis en lumière le décalage entre la connaissance interne du problème par Nintendo et l'information diffusée au public. Le constructeur aurait eu connaissance du défaut dès 2018, selon certaines sources, mais n'en aurait informé les consommateurs que deux ans plus tard, ce qui constitue le cœur du grief retenu par la DGCCRF.