Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est arrivé en Haïti pour une mission qualifiée de « solidarité », dans un contexte de violences exacerbées par les groupes armés. D'après les données onusiennes, plus de 2 300 personnes ont été tuées dans le pays depuis le début de l'année, et une centaine d'autres ont été enlevées. Des familles entières ont été déplacées et les services essentiels sont gravement perturbés.

Une force spéciale contre les gangs

Guterres a confirmé le déploiement prochain d'une nouvelle « force de répression des gangs », destinée à rétablir l'ordre dans la capitale et ses environs. Cette annonce intervient alors que les groupes criminels contrôlent une large partie de Port-au-Prince, paralysant l'économie et empêchant l'accès humanitaire.

Le chef de l'ONU s'est rendu sur une base militaire où sont stationnés des soldats tchadiens participant à la mission. Il y a salué leur engagement, mais a également souligné l'urgence d'une réponse internationale coordonnée.

« Indifférence mondiale » dénoncée

Lors d'une déclaration publique, Antonio Guterres a imputé la persistance de la crise à ce qu'il a appelé « l'indifférence mondiale ». Il a estimé que la communauté internationale avait « échoué » à soutenir Haïti de manière adéquate, malgré les appels répétés des autorités locales et des agences humanitaires. « Le monde regarde ailleurs pendant que le peuple haïtien souffre », a-t-il affirmé.

Ces propos interviennent alors que plusieurs pays peinent à fournir les ressources promises pour la mission de sécurité, et que le financement reste insuffisant face à l'ampleur des besoins.

Crise humanitaire aggravée

Au-delà de la violence directe, la situation humanitaire continue de se détériorer. Les déplacements massifs de population, les pénuries alimentaires et l'effondrement du système de santé sont autant de conséquences de l'emprise des gangs. Guterres a réitéré l'engagement de l'ONU à rester aux côtés d'Haïti, tout en appelant à une mobilisation accrue des donateurs.

Cette visite, la première du secrétaire général dans le pays depuis plusieurs années, marque un tournant dans la communication de l'ONU sur la crise haïtienne, désormais présentée comme un échec collectif de la diplomatie internationale.