L'Iran accentue ses efforts pour asseoir son autorité sur le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique empruntée par une part importante du trafic pétrolier mondial. Selon des experts du transport maritime, les autorités iraniennes ont récemment créé une compagnie d'assurance dédiée exclusivement à cette zone, et une autorité nouvellement instituée exige désormais que les navires s'enregistrent et souscrivent à une police d'assurance obligatoire, pour l'instant délivrée sans frais.
Le chef du régulateur iranien des assurances, Mousa Rezaei, a annoncé la création de cette compagnie, selon des médias d'État iraniens. Cette initiative fait suite à la mise en place, en mai dernier, de l'Autorité du détroit du Golfe persique, qui a demandé aux bâtiments de commerce de se faire recenser. Les experts y voient une tentative de Téhéran d'affirmer un contrôle exclusif sur l'ensemble du détroit, qu'il partage avec Oman, et un préambule à l'imposition de droits de passage.
Ces nouvelles exigences interviennent alors que les États-Unis et l'Iran ont signé, la semaine précédente, un mémorandum de cessez-le-feu prévoyant la réouverture du détroit. Ce texte a toutefois repoussé les questions les plus épineuses – notamment la gestion à long terme de la voie d'eau – à des négociations futures. Le vice-président américain, JD Vance, a indiqué que l'Oman, l'Iran et d'autres États du Golfe « détermineront à l'avenir un cadre de sécurité approprié pour le détroit ».
Pour les professionnels du shipping, cette situation crée une grande confusion. « Nous naviguons en territoire inconnu », a commenté Richard Meade, rédacteur en chef de Lloyd's List, un service d'information maritime. Les exigences iraniennes pourraient établir un précédent dangereux pour le commerce mondial, estiment-ils, en transformant un passage librement emprunté depuis des décennies en une route soumise à l'autorisation et au paiement de droits.
L'Autorité du détroit du Golfe persique n'a pas répondu aux sollicitations des médias. Les mesures prises par Téhéran montrent que, malgré la trêve, la question du contrôle du détroit d'Ormuz reste au cœur des tensions régionales. Les compagnies maritimes et les assureurs internationaux suivent de près l'évolution de la situation, craignant des répercussions sur les coûts et la liberté de navigation.