Téhéran réfléchirait à l’instauration d’une taxe sur le transit maritime dans le détroit d’Ormuz, une artère vitale par laquelle transite environ un cinquième du pétrole mondial. Cette initiative, qualifiée de « frais de service » par les autorités iraniennes, a été révélée par des sources proches du dossier et confirmée par des responsables occidentaux. Le projet, encore à l’état d’étude, pourrait être activé dans le cadre des négociations sur le programme nucléaire iranien.
Un levier de pression nucléaire
L’idée d’une redevance sur le passage des pétroliers a été évoquée par des responsables iraniens lors de discussions informelles avec des intermédiaires diplomatiques. Selon des analystes, cette menace vise à renforcer la position de Téhéran dans les pourparlers sur son programme nucléaire, actuellement suspendus. Les États-Unis, par la voix de leur secrétaire d’État, ont mis en garde contre « toute tentative de perturbation de la liberté de navigation » dans cette zone sensible. La marine américaine a renforcé sa présence dans le golfe Persique, mais sans confirmation d’un changement de posture immédiat.
Réactions du secteur maritime
Des armateurs et des compagnies d’assurance maritime ont exprimé leur inquiétude face à cette éventualité. « Si l’Iran impose des frais, les coûts d’assurance pour les navires transitant par le détroit pourraient exploser », a déclaré un responsable d’une grande société de courtage maritime basée à Londres. Certains experts estiment que les primes de guerre pourraient augmenter de 30 à 50 % en cas de mise en œuvre de cette mesure. La chambre de commerce internationale a appelé à une solution diplomatique, soulignant que « la liberté de navigation est un principe fondamental du droit de la mer ».
Précédents et implications
L’Iran a déjà menacé par le passé de fermer le détroit d’Ormuz en réponse aux sanctions, mais n’a jamais concrétisé cette menace. En 2019, Téhéran avait saisi plusieurs pétroliers dans cette zone, entraînant une escalade militaire brève mais intense. Les experts notent qu’une taxe de passage serait moins risquée qu’un blocus, tout en permettant à l’Iran de générer des revenus supplémentaires. Selon des estimations, une redevance de quelques dollars par baril pourrait rapporter plusieurs milliards de dollars par an à Téhéran.
Conséquences économiques
Le prix du pétrole brut a légèrement augmenté à la suite de ces révélations, les marchés anticipant une perturbation potentielle de l’approvisionnement. Les pays importateurs, notamment en Asie, surveillent de près la situation. Le Japon et la Corée du Sud, grands consommateurs de brut en provenance du Golfe, ont appelé à une désescalade. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a indiqué qu’elle pourrait libérer des réserves stratégiques si nécessaire, mais espère que la diplomatie prévaudra.
Divergences entre sources
Si plusieurs sources confirment l’existence de discussions internes à Téhéran sur ce projet, des divergences subsistent quant à son niveau d’avancement. Certains diplomates affirment qu’il s’agit d’une « option théorique » destinée à tester les réactions internationales, tandis que d’autres estiment que l’Iran pourrait passer à l’acte dans les semaines à venir, en fonction de l’évolution des négociations nucléaires.
Prochaines étapes
Les ministres des Affaires étrangères des pays du Conseil de coopération du Golfe doivent se réunir cette semaine pour discuter de la question. Parallèlement, les États-Unis ont convoqué une réunion d’urgence des membres du Conseil de sécurité des Nations unies pour examiner les implications juridiques et sécuritaires de la menace iranienne. La Russie et la Chine, partenaires de l’Iran, n’ont pas encore officiellement réagi.