Le président américain Donald Trump a fermement écarté toute idée de péage iranien dans le détroit d'Ormuz, tout en laissant entendre que Washington pourrait lui-même instaurer des frais de passage.
Dans une déclaration publiée samedi sur son réseau social, il a écrit qu'il n'y aurait « AUCUN PÉAGE dans le détroit d'Ormuz pendant les 60 jours de la période de cessez-le-feu, et il n'y aura AUCUN PÉAGE après l'expiration de la période de 60 jours, à moins qu'ils ne soient imposés par et pour les États-Unis d'Amérique ».
Ces propos interviennent alors que le mémorandum d'entente signé mercredi prévoit la réouverture du passage maritime stratégique pour une durée intérimaire de deux mois, sans que l'Iran ne puisse facturer le transit. Ce texte, qui suspend les combats sur tous les fronts du conflit régional incluant le Liban, sert de base à des négociations futures sur des dossiers sensibles comme le programme nucléaire iranien.
Des tensions persistantes
Le samedi, le commandement militaire conjoint iranien a annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz, invoquant une « violation claire » des engagements du mémorandum. Le Commandement central américain (CENTCOM), qui supervise les opérations militaires dans la zone, a démenti cette information et assuré que la circulation maritime se poursuivait normalement.
Depuis le déclenchement des hostilités entre les États-Unis, Israël et l'Iran le 28 février, Téhéran a utilisé le détroit comme levier de pression en le fermant au trafic. Environ 20 % du pétrole et du gaz naturel mondiaux transitent par cette voie, de même que près de 30 % du commerce international d'engrais. La fermeture avait provoqué une flambée des prix des carburants et perturbé les marchés agricoles mondiaux.
En réponse à cette obstruction, Washington avait imposé un blocus naval sur les ports iraniens de la région – mesure levée par le mémorandum de mercredi.
Des zones d'ombre dans l'accord
Le texte signé ne constitue pas un traité de paix définitif, mais une étape préliminaire en vue de négociations plus larges. Plusieurs points de divergence n'y sont pas tranchés, notamment la question des péages au-delà de la période intérimaire. Le mémorandum n'interdit pas explicitement des redevances futures après les 60 jours, laissant une marge d'interprétation.
Les déclarations de Donald Trump soulignent les fragilités de l'accord, déjà mises en lumière par la revendication de fermeture du détroit par l'Iran et les démentis américains. La situation demeure tendue alors que les deux parties campent sur leurs positions, le chef de l'État américain excluant catégoriquement que Téhéran perçoive des droits de passage tout en suggérant que les États-Unis pourraient le faire.
Cette controverse s'ajoute aux critiques exprimées par Israël à l'encontre de l'accord avec l'Iran, certains responsables israéliens estimant que l'administration Trump aurait pu obtenir des conditions plus favorables. Le président américain fait également face à la colère de certains alliés israéliens qui jugent le compromis insuffisant.
Enjeux économiques et stratégiques
Le détroit d'Ormuz, passage obligé pour une part majeure des approvisionnements énergétiques mondiaux, demeure au cœur des tensions entre Washington et Téhéran. Le mémorandum de cessez-le-feu, s'il a permis une désescalade militaire immédiate et la réouverture du détroit, n'a pas réglé la question des péages, désormais explicitement revendiquée par Donald Trump pour les États-Unis.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la viabilité de cet accord provisoire et l'évolution des positions respectives sur le contrôle du détroit.