Alors que les négociations de paix entre les États-Unis et l'Iran progressent, une nouvelle pomme de discorde émerge autour du détroit d'Ormuz, passage vital pour le transport maritime mondial du pétrole. Le négociateur iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a indiqué que les navires franchissant ce goulet d'étranglement devraient s'acquitter d'une « redevance pour services », une proposition que Washington a déjà catégoriquement rejetée à plusieurs reprises.

Des « frais » plutôt qu'un « péage »

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a précisé le 15 juin que l'Iran « ne cherche pas à imposer des péages de transit ; cependant, des frais seront facturés en échange des services fournis ». Cette nuance sémantique est essentielle : un péage pur et simple pour le simple passage serait illégal au regard du droit de la mer, alors que des redevances pour des prestations effectives — comme le traitement des déchets portuaires — peuvent être juridiquement admises. Les autorités iraniennes ont évoqué la possibilité d'une « taxe environnementale », sans pour autant détailler la nature exacte des services qui seraient rendus.

Un précédent source de tensions

L'idée de faire payer le transit dans le détroit a émergé après le déclenchement des hostilités entre les États-Unis, Israël et l'Iran fin février. En riposte aux frappes américano-israéliennes, Téhéran avait mené des tirs de représailles contre des navires marchands en eaux régionales. Dès mars, des responsables iraniens avaient évoqué l'introduction d'une redevance pour les bâtiments empruntant cette route. En mai, l'Iran a officialisé la création de l'« Autorité du détroit du golfe Persique », chargée de délivrer des « permis de passage sûr ». Parallèlement, Téhéran et Mascate ont, au cours du même mois, examiné un système de paiement fondé sur des frais de services.

Un statu quo contesté

Le président américain Donald Trump avait pourtant déclaré le 14 juin que le détroit serait rouvert et « définitivement exempt de péage ». Or, les données des plates-formes de suivi maritime indiquent que le trafic commercial reste quasiment à l'arrêt dans cette zone stratégique, contredisant les affirmations de la Maison-Blanche selon lesquelles les traversées reprendraient dans le cadre de l'accord mettant fin à la guerre. Washington a redit son opposition à toute forme de taxation du passage.

Un enjeu juridique et économique mondial

Pour les experts du droit maritime, la distinction entre péage et frais de service ne saurait masquer la réalité : exiger une quelconque contrepartie monétaire pour emprunter une voie d'eau internationale, qui était libre d'accès avant le conflit, constituerait une nouveauté lourde de conséquences. Au-delà de l'aspect légal, l'instauration de ces redevances alourdirait les coûts pour le transport maritime et pourrait créer un précédent dangereux pour la navigation dans d'autres détroits internationaux à travers le monde. La question demeure l'un des nombreux points de divergence que les négociateurs doivent encore clarifier.